Pierre Sèche

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Pierre Sèche

PIERRE SECHE

Mise au point

Si je décide de publier les extraits qui suivent c’est bien pour illustrer tout le mal que peuvent causer certains écrits. Les fameuses « cabanes gauloises », les « huttes » ont attiré de nombreux touristes faisant confiance à la parole écrite et publiée, donc « vraie »… Les « bories » dont « l’édification remonterait à 2000 à 3000 ans avant J-C » ont bien failli effacer le souvenir, la mémoire de nos anciens travaillant durement leur lopin de terre, épierrant les parcelles, construisant les murs, cabanes et guérites. Ces constructions, ces abris temporaires, ne remontent surtout pas à ces « temps immémoriaux », comme l’on dit et le disent encore des personnes dont les élucubrations ne manquent pas d’alimenter des discours qui relèvent de l’affabulation.

Ces constructions se situent dans un champ historique qui est le leur « post-Révolution » et un milieu social agricole auquel elles appartiennent. Ces appellations « bories celtiques, gauloises, romanes, moyenâgeuses » sont purement fantaisistes et parfois sciemment mensongères souvent au service d’intérêts touristiques, mercantiles. Tout ceci au détriment de la mémoire de nos aïeux qui n’étaient pas de lointains gaulois mais nos paysans d’hier.

Jean-Marc Caron


Janine Durrens – « Coutumes et traditions en Péigord – Edition Sud-Ouest 1988 »

« Les Bories
Ces Huttes, Garriottes, Mazels, Cahuttes qui portent encore d’autres noms suivant les lieux où elles ont été édifiées…Leur édification remonterait à 2 à 3000 ans avant J-C. Elles sont, sans doute, après les grottes et abris sous roches, les premières habitations humaines…Elles ont servi de bergeries, d’étables, de refuges aux chasseurs, de greniers, de temples, d’habitation et même de sépultures quand elles voisinent avec des mégalithes. »

Si l’ extrait qui précède est déjà édifiant le texte de Monsieur R. Dechère est l’apogée attristant de ce qui aurait pu être publié dans une grande collection « Les énigmes de l’univers » au même titre que « Les civilisations mystérieuses ». »

Pas étonnant que Madame J. Durrens cite Monsieur R. Dechère dans la rubrique « pour en savoir plus ».


« René Dechère, Les huttes du Périgord, de la Préhistoire à nos jours, chez l’auteur, Daglan, 1981, 88 p. (compte rendu de Pierre Haasé). Parution initiale dans L’architecture vernaculaire, tome 7, 1983 © Pierre Haasé – CERAV »

«Monsieur Dechère, dont la carte de visite s’orne d’une impressionnante liste de titres, membre de la S.H.A.P, de la S.F.E.S., de l’E.S.P.E.R, de l’I.F.R.A., et j’en passe, a décidé en 1981 de publier le résultat de quinze années de recherches sur le Causse de Daglan et en Sarladais, où il traqua la hutte gauloise comme d’autres se payent un safari au Kenya. S’il connaît les travaux du C.E.R.A.V., qu’il cite, il en déplore le caractère scientifique, ce qui lui apparaît comme un vice rédhibitoire. Car M. Dechère, s’il n’avoue pas un mépris ostentatoire pour le souci scientifique – il n’oserait point après avoir étalé ses titres –, a par contre une conception de la vulgarisation très particulière : pour la tourbe, foin de précision et haro sur la rigueur au profit du lyrisme le plus débridé, quitte à utiliser une orthographe et une syntaxe pour le moins libérées; passons sur les pléonasmes (les « car en effet » ne se comptent point) pour ne retenir que ces quelques extraits : « Aucune hutte ne se ressemble » (p.17) ou « Car on peut constater que pour construire de telles merveilles d’architecture, il ne s’agit pourtant que de gens de la terre qui fabriquait de ses propres mains et décidait lui-même de sa maison » (p.12). Comprenne qui pourra… Il est vrai que l’auteur avoue une prédilection pour « la pure archéologie romantique ». Ajoutons que la modestie n’étouffe pas notre auteur féru des mystères à en juger par sa page d’introduction en forme d’auto-encensement.
On pardonnerait volontiers ces traits – chacun a ses travers – si la qualité de la recherche les faisait oublier, mais le titre annonce clairement de quoi il relève : les cabanes de pierres sèches, nombreuses en Périgord, et dans le secteur de Daglan plus particulièrement, sont des huttes (sic) gauloises. L’argument massue de M. Dechère ? « Les cartes postales, prospectus divers de n’importe quelle région de France », les présentent comme telles ! Parole de publicitaire, parole d’Evangile. Défilent sous nos yeux des « igloos », « tumulus », « forteresse », « cloche » et bien sûr « temple ». De quelle époque ? Allez savoir, car ici tout devient « visiblement très ancien ». Si vous insistez, on vous répondra que c’est archaïque donc ancien. Curieuse assimilation du paraître à l’être. Des critères de datation ? Eh bien, entre autres la possibilité de s’étendre au sol. Ainsi, telles cabanes de Daglan « permettent à deux ou trois personnes de s’allonger ». On n’ose imaginer ce qui pouvait se passer dans ces cabanes… M. Dechère demeure ébahi devant « cette somme de travail considérable », « un ouvrage aussi colossal », « un travail aussi prodigieux ». Sait-il que quelques heures suffisaient à un ou deux constructeurs bien entraînés pour dresser une cabane ? Son enquête se mue en un hymne au travail et en une litanie passéiste devant ces « œuvres spontanées » dues à une « intelligence innée ». Et pourtant « il ne s’agit que de gens de la terre ». Splendide commisération.
Les sources de M. Dechère sont essentiellement P. Desaulle, qu’il démarque purement et simplement, quand il n’en appelle pas au « Livre du passé mystérieux » de R. Charroux, si ce n’est aux « Géants venus du ciel ». Il ne manquait ici que les extraterrestres. M. Dechère prend ses fantasmes pour des réalités. Pauvre Périgord qui n’est plus que la banlieue des galaxies conquérantes !
Il y aurait beaucoup à dire sur les amalgames géographiques – que font ici les « bories » de Vaucluse ? Les restanques ? Les témoignages des Alpes-Maritimes ? Les Nuraghi sardes ? – et historiques – quel besoin d’en référer à Gaston Dominici ?
On hésite entre un homérique éclat de rire et l’inquiétude devant la divulgation en fin du XXe siècle de pareilles élucubrations. Que reste-t-il alors du livre de M. Dechère ? A coup sûr une belle collection de clichés photographiques, qui ont au moins le mérite de fixer quelques cabanes menacées par le temps. Puis des notations éparses : quelques témoignages oraux dont l’auteur ne se rend même pas compte qu’ils contredisent ses thèses, en insistant sur la fragilité, le caractère récent voire contemporain des édifices, leurs éléments fonctionnels et pratiques, leur environnement socio-culturel.
Nous conclurons en renvoyant le lecteur qui voudra se documenter sur cette région aux études publiées dans L’A.R.P.S. puis L’Architecture Vernaculaire par MM. Pitiot et Poupon, Véber et tout récemment Poujardieu. Renvoyons M. Dechère à ses chères études. Il a mis quinze ans à commettre cette plaquette. Espérons qu’il mettra encore quinze ans avant d’en publier une autre. »
Page accessible ici (cliquez ici)
© Pierre Haasé – CERAV


Grolejac Mystery

Traditional four (bread-oven) from chalk stones

in the Dordogne near Liabou-haut (Henk Monster)

Hier soir (19/09/2014), la construction ci-dessous était présentée, lors d’un exposé sur la pierre sèche à Domme par M. Guy Boyer de « La Pierre Angulaire » de la Dordogne. Cette construction semblait une véritable énigme quant à son origine, son utilisation, sa période de construction. Les questions du pourquoi et du comment ne trouvaient pas de réponse. Ce matin je retrouvais la construction sur un site bien connu de partage de photos avec le commentaire mis en sous-titre de cette page. L’auteur de la photo, Henk Monster, présente cet ouvrage comme « un four traditionnel (four à pain) en Dordogne. »

Si la Dordogne possède un petit patrimoine très riche parmi lequel de nombreux fours à pain magnifiques, celui-là fait bien exception. Mais revenons à une explication plus sérieuse, il n’y a là ni four et encore moins de tradition.

Cette œuvre, car c’est bien de cela qu’il s’agit a été réalisée par M. Pascal Fournigault, docteur en Arts Plastiques pour sa thèse de Doctorat sur la Lauze en 1987. Il s’agissait d’une « approche plastique de l’analyse architecturale par l’étude d’un système constructif dans l’architecture vernaculaire rurale du Sarladais ». Cette œuvre, unique en tant qu’Œuvre d’Art Plastique, ne peut pas être assimilée à d’autres ouvrages d’architecture rurale, ni cabane ni guérite ni four.

Si tout cela peut prêter à sourire, nous pouvons quand même nous poser des questions sur le sens de nos responsabilités face à la transmission et à l’importance des mots utilisés…


Définition

Une construction à pierre sèche est une construction bâtie sans liant de quelque nature que ce soit.

Mode-Phénomène: Si le mode de construction à pierre sèche est très vieux, la construction des cabanes agricoles en pierres sèches est un phénomène s’inscrivant dans un champ historique connu (post-médiéval avec l’extension des terres cultivées autour des villages et de l’individualisme agraire durant le dix-neuvième siècle).

Pour construire à pierre sèche, il faut de la pierre provenant des strates superficielles du socle rocheux et, pour obtenir cette pierre, il faut avoir des piochons en fer et des barres à mine (à l’exemple des vignerons du XIXème siècle, grands épierreurs et constructeurs de guérites et de cabanes en pierre sèche). Les outils en fer ne se sont répandus que très tardivement. Au Moyen-age, les instruments aratoires, les outils agricoles étaient en bois durcis au feu, avec des renforts de métal.

Les constructions en pierre sèche sont issues de la mise en culture de terrains où la roche est affleurante et délitée (fracturée en strates).

L’épierrage de ces terres était une pratique nécessaire consistant à débarrasser les parcelles des pierres, cailloux ou blocs gênant la culture.

Cette opération, effectuée chaque année après le labour, impliquait l’accumulation des pierres sous la forme de divers témoins : tas, murs, guérites et cabanes.

Le tas d’épierrement consiste à regrouper au même endroit le matériau d’épierrage d’une ou plusieurs parcelles.

Par économie de surface, les tas d’épierrement étaient souvent bâtis en parements ou pareils à des murs successifs accolés.

Les murs délimitaient chaque lopin de terre ainsi que le réseau des chemins (chemins creux marquant alors l’ancien parcellaire).

La guérite est l’abri le plus simple ; elle est souvent incluse dans les murs ou dans les tas.

« La cabane est une construction indépendante permettant l’abri temporaire des vignerons : journaliers ou propriétaires. Les cabanes en pierres sèches – abris individuels temporaires – ne peuvent-être comparées qu’à d’autres abris temporaires dans l’espace et dans le temps.

La proximité de sites préhistoriques d’une zone à cabanes de pierres sèches n’est pas un critère d’ancienneté (et à fortiori d’antiquité). »

PLUS JAMAIS ÇA

« Ces huttes, gariottes, mazels, cahuttes qui portent encore d’autres noms suivant les lieux où elles ont été édifiées (France, Italie, Sardaigne, Turquie) sont des constructions en pierres sèches… Leurs édifications remonteraient à 2000 à 3000 ans avant J.C. Elles sont, sans doute, après les grottes et abris sous roches, les premières habitations humaines… Suivant leurs divers aménagements, elles ont servi de bergeries, d’étables, de refuges aux chasseurs, de greniers, de temples, d’habitations et même de sépultures quand elles voisinent avec des mégalithes. »

« Pour affirmer que les cabanes en pierres sèches d’aujourd’hui ont eu des ancêtres il y a 4000 ans. Il faudrait prouver une filiation ininterrompue sur 4 millénaires (pas moins) avec des jalons dûment identifiés et attestés (grâce à des fouilles probantes et à des recherches d’archives). »

Il serait souhaitable qu’une bonne fois pour toute nous puissions nous souvenir « qu’une maçonnerie en pierre sèche – donc sans liant – n’a pas une cohésion et une solidité qui lui permette de traverser 2000 ans d’histoire. Ce n’est pas une maçonnerie au mortier romain. L’expérience des chercheurs montrent que ces édifices sont en fait très fragiles et que partout en France, ils sont en train de tomber en ruine faute d’entretien et par l’action des intempéries et de la végétation. » C.E.R.A.V. Tome XV 1991.


Les Cabanes en Sarladais

A l’inverse des grangettes, les cabanes ne possèdent pas de charpente et couverture. Elles se caractérisent par la présence d’une voûte à encorbellement ou clavée. L’encorbellement étant le principe le plus répandu sur le canton de Domme – 24250 – Dordogne. Chaque rangée de pierres est posée en saillie de la rangée sous-jacente. Pour les voûtes circulaires, les rangées forment des anneaux qui, de plus en plus petits, finissent par fermer la voûte. Il existe également les carènes qui sont des constructions à deux pans symétriquement opposés sans se contre-buter et surmontés d’une rangée de dalles calcaires. Si l’intérieur des voûtes est souvent régulier, l’extérieur laisse apparaître les queues des pierres de façon très irrégulière, hérissonnées. Si des constructions sont détoiturées, d’autres sont inachevées.
Que ce soit pour les murs ou les voûtes l’essentiel est:
  1. De toujours croiser correctement les pierres verticalement et horizontalement en insérant des passantes.
  2. D’effectuer des calages suffisants.
  3. De réduire au minimum les espaces vides pour limiter les effets de tassement.
Le canton de Domme bénéficie d’une densité élevée de ces témoins architecturaux, (cabanes, guérites, tas d’épierrement, murailles et murets) liés à l’ancien parcellaire et limitant les sentiers et cultures d’autrefois. ces vestiges sont issus directement des couches géologiques, calcaires jurassiques.

Cabanes ou Bories

Les cabanes sont désignées à tort sous la dénomination de « bories ». Ce mot fût introduit en Périgord dans les années 1970. Le terme cabane est issu d’une mémoire authentique. Le mot bori ou bori »e » (origine bœuf) signifie, en Périgord, la petite propriété, généralement une ancienne ferme à louer ce qui est sans rapport avec les cabanes à pierre sèche.

Extrait de : QUERCY RECHERCHE N°19 Année 1977 page 22
TERMINOLOGIE DES CONSTRUCTIONS EN PIERRE SÈCHE DU LOT

Christian LASSURE

« Les appellations des cabanes en pierres sèches du Lot constituent un domaine où, jusqu’à ces dernières années, a régné un certain laxisme, quand il ne s’agissait pas de confusion pure et simple, surtout de la part d’auteurs étrangers au Quercy. Cet état de choses ne faisait d’ailleurs que reproduire des situations similaires survenues dans d’autres régions (Périgord et Vaucluse en particulier) où l’on ne s’était pas assez soucié de clarification terminologique. Dans le Quercy, le chercheur dispose de trois désignations : « casèla » (prononcer casèlo), « cabana » (cabano) et « gariota » (garioto) en occitan central (ou languedocien), ou casèle, cabane et gariote sous leur forme française. A défaut d’une enquête systématique qui, commune par commune, s’attacherait à déterminer le ou les termes employés par les paysans, on s’efforcera d’utiliser chacun des trois noms disponibles en fonction du secteur géographique où il est attesté et en relation avec la nature de la construction qu’il désigne…
…Dans le Lot, la tendance actuelle est, chez les citadins et chez les vacanciers-propriétaires de résidences secondaires, de recourir à gariote (les graphies « garriote » et « garriotte » sont à éviter) comme terme générique désignant indistinctement toute cabane en maçonnerie sèche, ce qui ne manque pas de susciter l’étonnement des paysans, lesquels, pour leur part, emploient tout naturellement cabana ou casèla (« Los ‘Parisiens’ apelan las casèla ‘gariote’ ; sai pas per que », pour reprendre les termes de l’un deux). La vogue de cette appellation propagée par les cartes postales, les revues locales et les guides touristiques, est sans doute imputable à la préférence manifestée à son égard par le Dr. Cayla dans ses articles et livres qui font autorité en matière d’architecture lotoise du XIXème siècle. Ce nouvel usage est en cas plus acceptable que celui, impropre de « capitelle » dont l’aire géographique est limitée au Gard, à l’Hérault et à l’Ardèche, ou de « buron », qui concerne les massifs volcaniques des Dores, du Césaliers, du Cantal et de l’Aubrac, ou de « tonne » propre à la région de Clermont-Ferrand (Limagne d’Auvergne), ou encore de « borie », employée officiellement bien qu’à contresens, en Périgord et en Provence. Il faut garder présent à l’esprit que le terme occitan « boria » (borio) issu du médiéval « boveria », « boria », étable à boeufs, désignait autrefois non pas une cabane en pierre sèche mais une exploitation rurale cultivée avec une ou des paires de bœufs, « boria » étant l’équivalent, à peu de choses près, de « borda » (bordo), borde, qui s’appliquait autrefois dans maintes régions de l’Occitanie à une petite métairie…
…Pour conclure, s’il n’est plus excusable aujourd’hui de parler de capitelles, de tonnes, de burons, de bories et autres impropriétés ou encore d’écrire gazelle, causello, garriotte, et autres fantaisies, il conviendra de bien distinguer casèle, cabane et gariote, dût-on aller à contre-courant de la tendance actuelle. La confusion terminologique qui règne dans le domaine de l’architecture populaire tant dans le Quercy que dans d’autres provinces, si elle reflète l’occultation généralisée d’une tradition de bâtir foncièrement rurale, populaire et anonyme, témoigne, au delà, d’un phénomène plus vaste, celui de la disparition graduelle de la culture paysanne et de l’acculturation des campagnes par les villes. Dans le cas précis qui est le notre, là ou le paysan voit une simple cabane, construite en une ou deux semaines par ses aïeux, le citadin verra une mystérieuse borie ou gariote de préférence gauloise. Une meilleure connaissance du petit patrimoine architectural légué par les bâtisseurs anonymes des campagnes passera donc d’abord par la redécouverte et le respect de sa terminologie originelle. »

Genres, Fonctions

Les Guérites sont de simples abris souvent inclus dans l’épaisseur des murailles. de forme et de dimension très variables, mais modestes, ces abris protègent le petit matériel et permettent de s’abriter ou de se reposer.
Les Cabanes sont essentiellement liées à la viticulture. Ces abris accueillent les travailleurs. On partage les repas, prend du repos. La cabane est le lien entre l’homme et sa terre. Parfois aménagées, elles possèdent une cheminée, une banquette ou mieux une citerne. Les différents aménagements sont très rares à observer sur une construction. L’exemple de la cabane du « Mazut » sur la commune de Daglan 24250 est à ce titre intéressant puisqu’elle est équipée d’une cheminée, d’une citerne et d’une banquette. Il existe également de nombreuses cabanes qui ont servi de poulailler, ainsi que d’autres qui furent utilisées comme abris par les chasseurs. Les tas d’épierrement cachent parfois d’ancien clapiers ainsi que quelques cabanes qui furent aménagées pour cet usage.

Datation – Origine

Il n’existe aucun moyen réel de datation. La quasi inexistence de ces témoins sur l’ancien cadastre ainsi que sur les actes notariés, contrarie l’ensemble des recherches historiques1. Nous savons que les matériaux proviennent des couches géologiques gélifractées donnant des pierres de qualité médiocre qui se détériorent et se réduisent sur une période d’environ 200 ans. D’autre part la vie économique et sociale des 18e et 19e était particulièrement importante quant à l’ activité viticole notamment au 19e avant l’arrivée du phylloxéra vers 1880. La population élevée de cette époque en témoigne.
Le travail des terres justifie la présence de ces constructions en tant qu’abris temporaires liés à l’agriculture et surtout à la viticulture.

1994 Jean-Marc Caron

1- J’ai réalisé en 2015 une étude, à partir des données du cadastre ancien sur la commune voisine de Bouzic qui me conduit à des conclusions complémentaires et différentes par rapport à l’inexistence de la plupart des ces constructions au début des années 1830.

© Jean-Marc Caron – CERAV
16 mai 2015 / May 16th, 2015

Références à citer / To be referenced as:
Jean-Marc Caron
Observations sur les vestiges lithiques agricoles de Bouzic (Dordogne) d’après le cadastre napoléonien (Observations on the agricultural dry stone-built vestiges of Bouzic, Dordogne, in the light of the Napoleonic land register)
http://www.pierreseche.com/bouzic_vestiges_lithiques.htm
16 mai 2015


Le recensement

  • 1ère phase : commune de Daglan 171 constructions, financée par Mairie de Daglan, CAUE de la Dordogne.

(Intégralité publiée par le CAUE de la Dordogne. 1994).

  • 2ème phase : canton de Domme (14 communes dont Daglan), financée par le Conseil Régional d’Aquitaine.
Le recensement des constructions en pierre sèche du canton de Domme 24250 a permis d’inventorier 399 témoins ; pour chacun d’entre eux a été établi une fiche comprenant un descriptif, un plan, une élévation et une documentation photographique.
La connaissance du patrimoine architectural passe nécessairement par un inventaire complet de témoins ; c’est aussi un moyen de conservation (écrit, graphique, photographique).
Les analyses statistiques permettent d’obtenir des constats objectifs sur la situation dans le paysage et la morphologie de ces constructions.

FICHE SIGNALÉTIQUE

FICHE SIGNALÉTIQUE expliquée à titre d’exemple (dans son contenu) et utilisée pour l’inventaire conduit sur le canton de Domme : 400 Constructions.


Éléments nécessaires à la réalisation d’un inventaire

Exemple: La Combe du Rat

  • Fiche Signalétique de la Cabane de La Combe du Rat
  • Date de la Fiche : Date à laquelle le relevé fût effectué
  • Nom de la Commune : Exemple : Bouzic
  • Fiche Signalétique N° : Département-Arrondissement-Code de la Commune-Zone(si nécessaire)-N° de la Construction.
  • Localisation : Précise l’endroit ou se situe la construction (Lieu-dit) ou nom cadastral.
  • Nature : La construction peut être bâtie avec ou sans liant.
  • Genre : Cabane-Guérite mais aussi Carène, indéterminé
  • Fonction : Détermine l’usage, agricole, viticole, poulailler…..
  • Situation : Altitude et orientation du versant ou plateau, vallée……
  • Morphologie Ext : Description du plan, des moellons, de leur grosseur, des assises, de la régularité de celle-ci, du couvrement, des hiatus…………………..
  • Morphologie Int : Inclus en plus, le DE (départ encorbellement) et HSV (hauteur sous voûte).
  • Entrée : La forme de l’entrée, ses dimensions, le linteau, son orientation.
  • Aménagement(s) : Cheminée, citerne, banquette,………………..
  • Ouverture(s) : Leur nombre
  • Conservation : Bon, Moyen, Mauvais, Ruinée (Convention)
  • Observation : Millésime, mousse sur telle partie, dalle apicale cassée, transmission orale.

La Combe du Rat

  • Date de la Fiche : 15/06/1990
  • Fiche : 24 10 150 A02
  • Commune : Daglan
  • Localisation : La Combe du Rat
  • Nature : Construction à pierre sèche
  • Genre : Cabane
  • Fonction : Construction à usage agricole, viticole.
  • Situation : Altitude 240 mètre sur versant Ouest.
  • Morphologie Ext. : Plan carré approchant; moellons et plaques calcaires petits à moyens, irréguliers, équarris, maçonnerie soignée. Couvrement tronconique dont la première rangée de lauzes déborde de 0.25 m en moyenne de l’aplomb des murs. Le blocage de la voûte est irrégulier « hérisson ». »La cabane est juxtaposée à une muraille côté Ouest et côté Est, un petit tas d’épierrement est aménagé contre elle.
  • Morphologie Int. : Plan carré. moellons idem Ext. Voûte circulaire bâtie sur pendentifs. HSV : 5.50 m- DE : 1.30 m – Surface au sol : 9.30 m².
  • Entrée : Plan rectangulaire, orientée au Sud et surmontée de linteaux en bois.
  • Aménagement(s) : Néant.
  • Ouverture(s) : 1 au Sud-Ouest.
  • Conservation : Bon.
  • Observation : Un échafaudage est présent à 1.70 m de haut et 4 trous ou « boulins » sont observés à 2.00 m de ces poutres dans le même alignement.

ÉTUDE

Canton de Domme

Le canton de DOMME se situe dans l’arrondissement de SARLAT en DORDOGNE.
Il réunit 14 communes sur 22055 hectares dont 10542 en forêt.
La population est de 5911 hab.
Le recensement des cabanes, s’il tente à l’exhaustivité n’en demeure pas moins incomplet.
L’espace temps d’une année dont je disposais pour cette réalisation était limité mais permettait cependant d’effectuer un échantillonnage suffisamment précis pour permettre une analyse fine et détaillée.
Ce travail fût remis au CAUE de la Dordogne et au Conseil Régional d’Aquitaine.

CONSTRUCTIONS A PIERRE SÈCHE DU CANTON DE DOMME

  1. Cadre Géographique.
  2. Canton de Domme – Découpage administratif.
  3. Abréviations utilisées pour les tableaux
  4. Nombre et Genre.
  5. Nature.
  6. Répartition.
  7. Altitude.
  8. Orientation des entrées.
  9. Orientation des versants.
  10. Plans Int. et Ext. Corrélation.
  11. Largeur des entrées et nature des linteaux.
  12. Hauteurs des entrées.
  13. Hauteur sous voûte et départ d’encorbellement.
  14. H.S.V. et moyenne des surfaces.
  15. Surface.
  16. Ouvertures / Aménagements.
  17. Etat de Conservation.
  18. Tableaux commune par commune

I. Cadre Géographique.

Région : Aquitaine
Département : Dordogne
Arrondissement : Sarlat
Canton : Domme

II. Canton de Domme.

14 Communes

CommunesHabitantsHectares
Bouzic1341176
Castelnaud la Chapelle4102087
Cénac St-Julien10021987
Daglan4851996
Domme (Chef-Lieu)10322490
Florimont-Gaumier164905
Grolejac548548
Nabirat277277
St-Aubin de Nabirat125125
St-Cybranet3121033
St-Laurent La Vallée2581507
St-Martial de Nabirat5201493
St-Pompon4622740
Veyrines de Domme2201143


 

III. Abréviations utilisées pour les tableaux.

DésignationGenreOrientationPlanLinteauNatureConservation
CabaneCab
GuériteGue
PlateauPla
ValléeVal
NordN
EstE
SudS
OuestO
Nord-EstNE
Sud-EstSE
Sud-OuestSO
Nord-OuestNO
RectangulaireRec
CirculaireCir
CarréCar
Demi-Circulaire Demi-Cir
OvaleOva
Demi-OvaleDemi-Ova
TriangulaireTri
TrapézoïdalTra
PierreP
BoisB
Pierre-SèchePS
LiantL
BonB
MoyenMy
MauvaisMv
RuinéeR


 

IV. Nombre et Genre.

Le canton de Domme révèle un nombre de constructions des genres cabanes et guérites assez important notamment dans sa partie Sud. Parmi l’ensemble des constructions existantes, 398 témoins font l’objet de la présente étude. Ces témoins se divisent donc en deux genres et totalisent : 60 guérites et 323 cabanes, le reste étant des constructions dont le genre est indéterminés à cause de leur état de conservation ruiné. Les cabanes représentent 84,3% de l’ensemble des témoins identifiés.


 

V. Nature.

Bâtie à secAvec liant
315 (86,3%)50

Les constructions bâties avec liant sont réalisées, suivant les cas, avec de la terre, un mortier bâtard (sable, chaux, ciment) ou un mortier à base de chaux uniquement. La plupart des constructions n’ont pas été enduite sur les murs intérieures des cellules. Toutefois, les témoins qui ont reçu un tel enduit se situe dans un même secteur géographique. Ces enduits sont couverts d’un badigeon de lait de chaux. Nous trouvons sur la commune de Castelnaud la Chapelle plusieurs cabanes dont les moellons sont ainsi enduits.[line]


 

VI. Répartition.

Le canton de Domme est divisé en 14 communes dont les limites administratives constituent le cadre de notre étude. La prospection menée sur le terrain amena la découverte d’une quantité intéressante de témoins sur les communes de Florimont-Gaumier et Bouzic constituant ainsi avec Daglan les communes dont les densités s’avèrent les plus importantes. Vient ensuite la commune de St-Cybranet, puis celle de Castelnaud la Chapelle. Les autres communes sont de densité moyenne à faible, dans l’état actuel des relevés (une prospection soutenue, sur une échéance à long terme, ferait apparaître d’autres constructions). Il s’agissait, pour cette étude, de constituer un catalogue suffisamment riche afin d’affiner notre analyse.


 

VII. Altitude.

Inf.200201 à 250Sup. 250
Total 12319877

 

AltitudeValeur
MIN75 Mètres
MOY220 Mètres
MAX309 Mètres

Les cabanes relevées se situent dans la moitié supérieure du relief, à une altitude dépassant 200 mètres, dont 198sont comprises dans la fourchette de 200 à 250 mètres et 77 au dessus de 250 mètres. Les autres constructions sont inférieures à 200 mètres dont la plupart sont incluses dans les limites de 150 à 200 mètres. Seuls, 23 témoins sont inférieurs à 150 mètres.


 

VIII. Orientation des entrées.

OrientationQuantité
Nord27
Est80
Sud107
Ouest15
Nord-Est29
Sud-Est79
Sud-Ouest32
Nord-Ouest9
Total378

Les entrées sont orientées au Sud dans 28,3% des cas (107), à l’Est dans 21,2% (80), et au Sud-Est dans 20,9% (79). L’orientation Nord-Ouest est la moins représentée.


 

IX. Orientation des versants.

Sur l’ensemble des constructions, 110 (28,4%) sont situées sur des plateaux ou en situation de plateau (terrain plat). et 8 autres ont été relevées dans des vallées. Le reste des témoins est présent sur tous les terrains aux versants orientés à l’Est, à l’Ouest et au Sud avec une dominante de 73 relevés (18,9%). A noter la présence de 33 constructions (8,6%) sur des versants Nord et 25 au Nord-Est.

Correspondance : La correspondance des entrées avec les versants montre que celle-ci est fréquente pour 31 témoins au Sud, 18 à l’Est et 9 au Nord. Les autres correspondances sont inférieures à ce chiffre. Au total 80 constructions possèdent une entrée dans le sens de l’orientation de versant.
Constat : Une dominante Sud, Est, Sud-Est apparaît tant au niveau des versants occupés que dans l’orientation des entrées. Toutefois, des constructions ont été implantées sur des versants aux orientations moins favorables.


 

X. Plans Int. et Ext.

PlansExt.Int.
Rec.107109
Cir.145153
Car.1321
D-Cir.149
Ovale1233
D-Ovale426
Tri.12
Tra.518
Total301371

Nous avons une dominante des plans circulaire intérieurs (153) et extérieurs (145) suivi des plans rectangulaires approchants: intérieurs (109), extérieurs (107). Il faut cependant relativiser ces chiffres car les observations sur les plans intérieurs sont établies sur 70 témoins de plus que sur les plans ectérieurs soit :
– Les plans extérieurs ne peuvent pas être correctement déterminés (dû au mauvais état de l’ensemble).

– Ils se situent dans une muraille ou un tas d’épierrement.

Corrélation

PlansExt. = Int.
Rec.74
Cir.129
Car.12
D-Cir.2
Ovale9
D-Ovale0
Tri.0
Tra.1
Total227

Nous avons une corrélation entre les plans circulaires intérieurs et extérieurs dans 129 cas relevés suivis des plans rectangulaires approchants pour 74 cas. Une concordance existe également pour 12 témoins de plan carré. Sur l’ensemble des résultats, les plans intérieurs et extérieurs ayant les mêmes formes géométriques, représentent 63,7% de la totalités des constructions 227/398.


 

XI. Largeur des entrées et nature des linteaux.

La largeur des entrées la plus importante se situe dans une fourchette comprise entre 0,5m et 1m pour 244 témoins. Les constructions dépassant 1m sont au nombre de 29. 81 témoins possèdent des linteaux en bois pour 231 qui sont équipés de linteaux en pierre. La longueur moyenne des portées des linteaux en bois est supérieure à celle des linteaux en pierre, sauf quelques rares exceptions, la présence des linteaux en bois se justifie pour une portée importante, supérieurs à 0.80m.


 

XII. Hauteur des entrées.

Un grand nombre de constructions (208) possède des entrées dont la hauteur est supérieurs à 1,50m. Dans l’ensemble des cas de figure, il est nécessaire de se courber ou de baisser la tête pour pénétrer dans les constructions.


 

XIII. Hauteur sous voûte et départ d’encorbellement.

H.S.V.QT.D.E.QT.
<=16Sol = 025
>1 et <=2137>0 et <=1116
>2 et <=399>1 et <=2169
>3 et <=439>2 et <=33
>4 et <=517>30
>5 et <=66Total313
>61
Total305

Nous avons une densité importante de constructions dont la hauteur sous voûte est comprise entre 1 et 3 mètres . Les départs d’encorbellement les plus nombreux se situent entre 1 et 2 mètres et les départs inférieurs à 1 mètre sont également nombreux.


 

XIV. H.S.V. et moyenne des surfaces.

A chaque H.S.V. correspond une surface (x)m². Plus la hauteur est importante, plus la moyenne des surfaces correspondantes augmentent. Ceci apparaît dans les cas où toutes les formes géométriques des plans intérieurs et extérieurs sont confondues, ainsi que pour les plans intérieurs circulaires. pour les plans intérieures rectangulaires, l’écart de surface moyenne est plus important que pour les plus circulaires.


 

XV. Surface.

Surfaces Témoins

SrfacesTémoins
<=2135
>2 et <=4108
>4 et <=645
>6 et <=826
>8 et <=1011
>10 et <=126
>127
Total338

La majorité des témoins ont une surface inférieure à 2 m² (135 témoins) et ensuite 108 témoins ont une surface comprise entre 2 et 4 m². Au delà des surface supérieures à 6 m², la quantité des constructions diminue considérablement.


 

XVI. Ouvertures / Aménagements.

OuverturesQtAménagementsQt
02040194
194158
221243
34326
44411
5154
6061
Total328Total337

La majorité des constructions observées ne possèdent ni ouverture, ni aménagement. La quantité de constructions qui ont plus de deux ouvertures ou plus de trois aménagements est assez faible.


 

XVII. État de Conservation.

ConservationQuantité
Bon167
Moyen68
Mauvais77
Ruiné73
Total385

De toutes les données de cette étude, celle-ci ne fait pas appel à l’objectivité de résultats numériques mesurables. J’ai donc repris les mêmes critères que j’avais établis pour Daglan.

-Bon : Aucun élément de détérioration grave est visible.

-Moyen : Une ou plusieurs détérioration apparaissent (fractures sur linteaux, voûte, murs etc…)

Mauvais : Une ou plusieurs parties sont détériorées.

Ruinée : Absence de voûte, souvent il ne reste que la base des murs.


IX. Exemple.

Données extraites du tableau de Bouzic pour 1 construction N° 241006332

Fiche SignalétiqueID CommuneCommuneZoneAltitudeGenreNombre de Cellule(s)Orientation Versant Orientation EntréePlan ExtérieurPlan IntérieurHauteur sous Voûte
24100633263BouzicA32250Cab1PlaSudCirCir6,2

Départ Encorbellement Ouverture(s)Entrée LargeurEntrée HauteurLinteauNature SurfaceConservationAménagement
2,0520,81,66PierreLiant11,46Bon3
[/fusion_text]


Graphiques des tableaux, ci-dessus, de l’étude du canton de Domme


Les Bâtisseurs à Pierre Sèche

 

Extraits : d’après – Christian Lassure -La Tradition des bâtisseurs à pierre sèche – A.V. 1981 N°1

LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

  • Le constructeur peut-être le seul utilisateur ; il s’agit alors d’ [highlight color= »red »]auto-construction[/highlight] proprement dite.
  • Le constructeur peut-être distinct de l’utilisateur ; on a alors affaire à un [highlight color= »yellow »]professionnel[/highlight], un maçon.
  • L’[highlight color= »blue »]utilisateur[/highlight] participe à la construction aux côtés du professionnel, solution qui, en fait ramène à la précédente.

L’ auto-construction

Mode éminemment économique qui, s’imposait pour des constructions à usage temporaire ou saisonnier. L’investissement est aussi réduit que possible. Ce mode est une pratique courante dans les couches modestes de la paysannerie, du cultivateur à l’éleveur, en passant par le manouvrier, mais aussi chez divers représentants du monde rural, du braconnier au châtelain, en passant par le cantonnier.

Les professionnels

Cas où le constructeur est distinct de l’utilisateur. En comparaison à des constructions frustres, rudimentaires, on remarque des bâtiments d’une architecture élaborée, d’une exécution soignée, d’une belle plasticité, toutes choses qui attestent, chez leurs auteurs, un sûr métier de bâtisseur.

Exploitant-utilisateur conjoint avec le maçon-bâtisseur

Dans la construction de petits bâtiments en maçonnerie sèche, un troisième cas se présente, celui où l’exploitant-utilisateur participe à la construction au côté du maçon-bâtisseur. Du fait de l’intervention déterminante du professionnel, ce cas se ramène en définitive au cas précédent.

Pour obtenir des renseignements très complets sur « La tradition des bâtisseurs à pierre sèche », consulter A.V. N°1 année 1981.

Christian Lassure,
Les faiseurs de cabanes (Makers of dry stone huts)
http://www.pierreseche.com/les_faiseurs_de_cabanes.htm
15 avril 2002


Herpétologie et Pierre Sèche

SAUVEGARDE DE L’ INTÉRÊT HERPÉTOLOGIQUE ET ESTHÉTIQUE DES FONTAINES, ABREUVOIRS ET LAVOIRS ANCIENS EN PIERRE.

Il existe, en dehors des constructions à pierre sèche tels que les cabanes, tas, murailles des ouvrages dont la présence est également primordiale pour les écosystèmes. De plus, la présence de la pierre sèche, est l’élément majeur de ces témoins, tant sur la plan biologique, que sur la pérennité du milieu. Cette présentation concerne des petits ouvrages hydrauliques, souvent très modestes, tels que nous pouvions les rencontrer dans nos villages. Souvent dans des lieux-dits constitués de quelques habitations existait une mare par propriété, parfois même plusieurs: une à proximité de la grange, une autre plus isolée, éloignée de la propriété. Outre les besoins vitaux que représentaient ces points d’eau pour la ferme, ces mares renfermaient une vie extraordinaire. Des espèces d’amphibiens s’y reproduisaient, y grandissaient. Très souvent, à la bonne saison, nous pouvions observer un « petit » serpent à la surface de l’eau. Ces mares étaient des lieux privilégiés pour de jeunes couleuvres à collier (Natrix Natrix), totalement inoffensives, qui ne venaient là qu’en quête de nourriture dont les têtards, pour ces jeunes, sont des mets indispensables. Ces lieux, j’en parle à l’imparfait, étant donné que j’ai vu disparaître au fil de ces dernières décennies de nombreux témoins de ce « genre ».
Il me semble donc primordial d’inclure dans le cadre de cette brève présentation, un extrait de l’article de *Mr Hugues Pinston, publié dans le bulletin N°56, 4éme trimestre 1990, page 63 à 69 de la Société Herpétologique de France.
[line]
« Dans la plupart des campagnes de France existent encore des ouvrages anciens (fontaines, abreuvoirs, lavoirs …) où la pierre est agencée pour capter et retenir l’eau. En général privés de leur fonction originelle, ils sont aujourd’hui oubliés et souvent dégradés faute d’entretien. Or beaucoup abritent de nombreux amphibiens, notamment lors de la reproduction. Là se trouve la justification essentielle de leur sauvegarde qui vise donc à faire prendre conscience de l’urgence de ce problème. Des exemples pris en Bourgogne et Franche-Comté illustrent cette situation et permettent de proposer des idées de gestion.
Une prospection soutenue des milieux favorables aux Amphibiens et aux Reptiles menée depuis une quinzaine d’années a notamment permis de découvrir dans la campagne, de nombreux petits ouvrages hydrauliques anciens.
Il s’agit en particulier de fontaines, abreuvoirs et lavoirs en pierre, qui se sont révélés souvent d’un grand intérêt quant au nombre des espèces d’Amphibiens (parfois de Reptiles) que l’on peut y rencontrer. Or, ces milieux qui dépendaient largement des activités rurales traditionnelles disparaissent peu à peu, et semble-t-il, dans l’indifférence quasi-générale.
Ces ouvrages méritent-ils vraiment d’être conservés et pour quelles raisons ?
Les types d’ouvrages encore existants peuvent être divisés en deux catégories par leur localisation, laquelle conditionne en partie leur aspect.
Dans le premier cas, il s’agit d’édifices situés au centre des villages ou à proximité, ou encore le long d’une voie importante, et qui sont alors marqués par une certaine recherche architecturale. En effet, dans ce cas, ils sont un élément du prestige de la commune et il fut fait appel à de véritables architectes pour leur conception, notamment au XIXème siècle. Ce sont ces constructions qui ont fait l’objet de restaurations et de la plupart des études un peu partout en France depuis quelques années. Cependant leur intérêt strictement herpétologique est en général faible.
En effet, de leur situation centrale découle une fréquentation importante des abords, ainsi qu’un entretien soutenu (parfois transformation regrettable en bac à fleurs, heureusement combattue aujourd’hui, ou nettoyage drastique des bassins). En outre, les bassins sont le plus souvent surélevés et inaccessibles aux Amphibiens. Enfin, la présence classique d’une toiture empêche largement la lumière et la chaleur de pénétrer, d’où l’absence de flore et de faune.
Dans le second cas, il s’agit d’édifices soit complètement dispersés dans la campagne, soit encore situés à proximité de fermes ou hameaux isolés, type d’habitat fréquent dans certaines régions. Là encore, leur localisation influe sur leur structure, marquée en général par la modestie extérieure. En effet, s’il s’agit d’ouvrages communaux en pays d’habitat très dispersé, la commune a rarement pu ou voulu faire des efforts financiers suffisants auprès des architectes. Bien souvent, il s’agit d’authentiques constructions paysannes, reflets des traditions locales. Leur structure est simple mais il en résulte en général un grand intérêt esthétique.
Nous développerons d’autres aspects de leur valeur herpétologique après avoir présenté les grandes catégories d’édifices.
– Source captée : bassin creusé dans le sol, surmonté de quatre murs de pierre avec toiture et porte.
– Fontaine : bassin en pierre avec écoulement, pour eau potable ou pour le jardin, parfois en partie couvert, surélevé, parfois adossé à un talus, ou creusé dans le sol (« creux » en Bourgogne).
– Mare-abreuvoir : bassin en pierre sur trois côtés, le quatrième pour l’accès direct du bétail, souvent avec fond pavé « en hérisson » en pente douce (Vallée, 1960), eau stagnante ou non, (« bachasse » dans le Sud de la Saône-et-Loire).
– Pédiluve : analogue à une mare-abreuvoir, il s’en distingue souvent par le fond en berceau. Outre la fonction d’abreuvoir, ce rare ouvrage servait à baigner les chevaux. Un exemplaire est décrit par Pearson (1989), un autre est connu en Saône-et-Loire et un dans le Haut-Doubs.
– Puits : trou profond de diamètre réduit (environ 1,50m), aux parois en pierre, équipé sur ses bords d’une margelle en pierre.
– Citerne : bassin en pierre, couvert (d’une voûte dans le Haut-Doubs et le Haut-Jura), pour eau potable et/ou le bétail ou encore lors d’incendie.
– Réservoir : bassin en pierre, non couvert, pour eau potable, incendie.
– Lavoir : bassin en pierre avec écoulement, dallé, dont les pierres de bordure sont en pente douce vers l’eau.
– Rouissoir : bassin creusé dans la terre avec murets de soutènement en pierre sèche utilisé pour le rouissage du chanvre en eau dormante (Pearson, 1989).
En conclusion, à cette liste imparfaite, ajoutons que des types plus complexes existent : intermédiaires de structure et fonction entre différents édifices évoqués plus haut, ou bien qui juxtaposent plusieurs constructions avec un système de trop-plein entre elles.
Outre les raisons, notamment de localisation, évoquées plus haut, il convient d’expliquer sur quoi se fonde cet apparent paradoxe de milieux plus ou moins artificialisés si favorables aux Amphibiens en particulier.
Un certain nombre de traits communs peuvent être dégagés. Tout d’abord leur petite surface qui va de moins d’un mètre carré à une quinzaine de mètres carrés et le faible débit des sources ou ruissellements qui les alimentent, amenant des périodes d’assèchement presque chaque année, les ont mis, à l’origine, à l’abri du développement de populations de poissons. De plus, dans le cas des lavoirs, l’entretien régulier par vidange excluait en général la présence de ces animaux. En revanche, la présence de tanches est fréquente pour les mares-abreuvoirs, sans conséquence trop négative pour les Amphibiens. Malheureusement, l’observation plus récente de perches-soleil ou de poissons-chats est plus inquiétante.
Un deuxième intérêt réside dans la présence classique d’un écoulement de l’eau même très lent qui permet une bonne oxygénation du milieu, élément favorable au développement des larves de tritons Triturus sp. et surtout de Salamandre tachetée Salamandra salamandra . Dans le cas de cette espèce, un élément positif vient souvent s’ajouter: l’exposition classique des lavoirs à l’abri de la chaleur.
En fait, l’élément majeur, aussi bien sur le plan biologique que sur le plan de la pérennité du milieu, est constitué par la présence presque systématique d’une structure en pierre sèche comme mur de soutènement du bassin lui-même et/ou du talus contre lequel s’adosse l’ouvrage. S’il s’agit d’un mur contre le talus, cela permet aux adultes de plusieurs espèces de s’abriter dans ses anfractuosités. Une espèce comme l’Alyte accoucheur Alytes obstetricans apprécie particulièrement cette situation. Chez les reptiles, le Lézard des murailles Podarcis muralis et la Couleuvre à collier Natrix natrix profitent aussi de ce type de milieu. En outre, ces abris si proches du lieu de reproduction donnent aux populations une certaine stabilité, puisqu’ils permettent d’éviter, dans le cas des tritons par exemple, des migrations massives.
S’il s’agit des murs de soutènement du bassin, larves et adultes trouvent là des abris ou postes de chasse immergés ou émergés en fonction du niveau de l’eau. Enfin, la proximité de la pierre et de l’eau permet aux Amphibiens de se placer pour capter au mieux l’énergie solaire.
Sur le plan de la pérennité du milieu, la présence de murs de soutènement évite bien sûr pendant des décennies l’effondrement des berges, phénomène classique des milieux moins anthropisés tels que les mares à vaches ou les petits étangs.
Enfin, un élément rencontré en particulier pour les mares-abreuvoirs et qui représente un atout important en faveur des Amphibiens est la profondeur variable du milieu permise en permanence par le fond pavé en pente douce (jusqu’à un maximum d’environ 2 mètres). Ainsi, avec une variation progressive de la flore et des Invertébrés se combine une diversité dans l’utilisation de l’espace par les différents stades de larves d’Amphibiens et par différentes espèces en fonction de leurs exigences propres. C’est en général ce type de point d’eau qui permet de rencontrer le plus d’espèces sur un espace aussi réduit en surface. Ainsi, une station en Bourgogne abrite : le Triton alpestre Tritures alpestris, le Triton palmé Triturus helvéticus, le Triton crêté Triturus cristatus, le Sonneur à ventre jaune Bombina variegata, la Grenouille verte Rana kl. esculenta, la Grenouille agile Rana dalmatina. Notons que ce type de site, riche d’au moins 6 espèces aux exigences variées, n’est pas du tout un cas isolé, mais simplement un exemple.
Indépendamment de leur structure, il faut noter que dans certaines zones de plateaux karstiques où l’eau de surface est rare, notamment en Bourgogne ou en Franche-Comté, les habitants ont souvent mis un soin particulier pour aménager les points d’eau. Dans ce cas, il arrive que ces milieux modifiés soient les seuls sites, à des kilomètres à la ronde, disponibles pour la reproduction des Amphibiens.
Toutes ces petites constructions, telles que fontaines, abreuvoirs, lavoirs, dépendaient d’activités rurales aujourd’hui très réduites sinon disparues. La plupart du temps, il s’agissait de propriétés communales et leur entretien était souvent assuré par le garde-champêtre (Pearson, 1989). L’évolution radicale de l’agriculture et la désertification des campagnes ont eu aussi des conséquences sur ces ouvrages, souvent condamnés à l’abandon et à l’oubli. Cependant, leur statut communal a eu en général au moins l’avantage d’empêcher leur destruction pure et simple. Mais cette situation est pleine d’incertitude, car lors de travaux d’aménagements divers, tels que remembrements, travaux routiers, nouveaux réseaux d’adduction d’eau (prévoyant parfois une clause d’abandon de l’entretien de l’ancien réseau…), personne ne pense plus à les signaler aux entreprises. En outre, leur abandon est parfois si ancien que beaucoup d’habitants en ignorent l’existence. Pourquoi se soucier de ces trous d’eau devenus « inutiles et nauséabonds » ?
Reconnaissons que le faible nombre actuel d’agriculteurs ne leur permet de s’occuper que de ce qui est strictement nécessaire à leurs activités. D’autre part, citons le cas précis d’une commune où une très belle mare ancienne située au centre du village fut détruite car le chant des Rainettes, le soir, importunait certains habitants.
Disons aussi que parmi leurs nombreuses préoccupations, les administrations (Délégations Régionales à l’Architecture et à l’Environnement, Directions Régionales de l’Agriculture et de la Forêt, Directions Régionales des Affaires Culturelles …), les bureaux d’études chargés des études d’impact, les associations de protection de la nature, les chercheurs, ont peu conscience de l’intérêt de ces sites que souvent ils ne connaissent pas.
Mais cela est en partie lié au fait que ces ouvrages sont souvent isolés dans les campagnes et que leur intérêt se trouve à la jonction de deux préoccupations très honorables, sauvegarde du patrimoine rural et protection de la nature, mais dont les défenseurs sont en général de formation différente et se rencontrent rarement. Cette situation bipolaire ne doit pas être source de conflit mais peut au contraire devenir un atout pour la sauvegarde de ces édifices si les différents spécialistes joignent leurs compétences.
Ainsi, la restauration doit respecter un équilibre entre l’intérêt herpétologique et l’intérêt esthétique. Certes, quelques espèces souvent déjà présentes quand l’ouvrage était utilisé, ont sans doute pu profiter dans un premier temps de l’abandon de toute activité humaine, mais ce stade est bien vite dépassé lors de l’envasement du milieu joint au développement excessif de la végétation.
Il est bien évident que le premier travail, soit le débroussaillage, doit se faire avec les outils manuels traditionnels du jardinier et sans herbicide de synthèse bien sûr. Les arbustes qui tiennent les talus doivent être taillés, non arrachés. Puis pour le curage et la reconstruction des murs de pierre, une pelle mécanique sera utile pour certains chantiers importants. Mais dans la plupart des cas, des outils manuels suffiront. Concernant la maçonnerie de pierre sèche, il convient d’éviter de « faire du neuf avec du vieux » : sablage excessif des pierres et surtout jointoiement systématique au ciment artificiel, ce dernier point étant préjudiciable aussi bien à la durée de l’ouvrage qu’aux plantes rupestres et aux abris de la faune. De plus, le cadre champêtre de ces constructions s’accommoderait mal de travaux voyants et peu respectueux de l’esprit de simplicité de l’ouvrage.
La condition majeure du succès de ce type de travail quant aux Amphibiens est d’éviter absolument un curage total du bassin. En effet, en été (durant les périodes d’assèchement) et en hiver, beaucoup de larves et (ou) d’adultes d’Amphibiens (et d’Insectes) trouvent refuge dans la vase. En fait, laisser une couche de vase ne nuit pas à l’esthétique du lieu, mais l’expérience montre que c’est souvent difficile à faire admettre aux propriétaires, pris soudain d’une sorte de frénésie de nettoyage après des années d’inertie.
Reste le problème de la période des travaux. Il ne semble pas y avoir de saison idéale. Il faudra absolument éviter la phase printanière de reproduction. Le débroussaillage peut se faire le reste de l’année, notamment en hiver, mais pour le curage seule la fin de l’été paraît le moins mauvais moment.
Ces quelques précautions assurent alors une prise en compte harmonieuse de la protection de la nature et du patrimoine rural.
Qui peut se sentir concerné par ces ouvrages ? Il s’agira souvent d’une association de protection de la nature. Sa démarche concrète sera basée sur la localisation préalable de ce type d’ouvrage. Nous avons beaucoup travaillé à partir des cartes 1/25000 de l’Institut Géographique National. Or, il nous faut malheureusement constater que les plus récentes éditions sont souvent appauvries au niveau de la légende, notamment pour le sujet qui nous intéresse. Une enquête auprès des habitants d’un village donne aussi des résultats.
Puis il convient d’identifier le propriétaire. Il s’agit le plus souvent d’une commune et passées quelques réticences, l’accueil est souvent bon. L’aide concrète est parfois proposée, qu’elle soit en main d’œuvre ou financière. Nous pensons que la participation effective d’habitants du lieu est la meilleure garantie de la surveillance ultérieure de l’édifice.
D’autre part, l’intérêt esthétique et patrimonial peut permettre parfois de drainer des aides matérielles ou en crédits de la part de personnes ou administrations non directement impliquées dans la protection de la nature. Soyons conscients que tout le monde ne comprend pas forcément l’intérêt de « ces sales bestioles », grenouilles et autres crapauds, fussent-elles protégées, concept encore totalement absent de la vie quotidienne de la majorité de nos contemporains.
Une fois la phase opératoire réalisée, tout n’est pas fini. En fait, la difficulté essentielle est à ce stade, c’est-à-dire prévoir une forme de gestion, dont la teneur doit être adaptée à chaque cas. Elle doit envisager l’aspect juridique (procédures diverses de classement au moins au niveau communal) et l’entretien courant. Les personnes ayant mené ce type d’action doivent penser à informer au maximum autour d’eux, car il est illusoire de compter sur les efforts de quelques face à l’ampleur du défi. La communication est souvent pour le protecteur l’écueil majeur de ses activités.
C’est une dynamique qui doit être lancée auprès de tous les intervenants sur l’environnement pour espérer sauver au moins une partie de ces ouvrages. « 
Références bibliographiques
GRISEL, D. (1986) – Les fontaines-lavoirs de Franche-Comté. Lanterne éd.95 p.
PEARSON, I. (1989) – Travail d’étude et de recherches sur le thème de la lessive dans deux communes de Bourgogne. Direction Régionale des Affaires Culturelles, Dijon 356 p.
VALLLEE, L. (1960) – Recherches sur Triturus blasii de l’Isle, hybride naturel de Tr. cristatus x Tr. marmoratus Latr. Mém. Soc. Zool. Fr.. 31 : 196.
H.PINSTON – Laboratoire de Biologie et Ecologie animales,
25030 BESANCON Cedex (FRANCE)

La cabane triple de La Combe Du Rat

Étude Architecturale (Analyse architecturale poussée), publication tome XV-l’Architecture Vernaculaire (1991) par Jean-Marc Caron et Pascal Fournigault.

Situation-Parcellaire

La cabane triple de la Combe du Rat se trouve sur la parcelle N° 277, section AV. du cadastre actuel (1956), mais elle n’est pas cadastrée. Par contre, la cabane voisine (A 02) est cadastrée et porte le N° 278 : ses grands dimensions, son bon état de conservation et sa situation en bordure du chemin, expliquent peut-être son inscription, comme c’est le cas pour quelques grandes cabanes de la commune de Daglan. Ceci ne démontre pas que la cabane N° 278 soit plus récente que la cabane triple qui, elle, se situe au milieu de la parcelle dans un taillis très serré d’épineux, de genévriers et de chênes.

Le cadastre ancien (1830) ne comporte aucune cabane. Le morcellement est bien sûr important, ainsi l’actuelle parcelle N° 277 est composée de trois parcelles (N° 1136, N° 1133, N° 1129 de la section E2). La notation de la nature des terrain montre l’importance des vignes, aujourd’hui toutes disparues.

Le plan de situation où nous avons reporté la cabane triple, montre que celle-ci est adossée à un mur d’épierrement édifié sur l’ancienne limite des parcelles N° 1136 et N° 1133 : ce recoupement est également vérifiable pour la plupart des murs morcelant le coteau.

Morphologie

Nous avions noté dans la fiche signalétique de notre recensement une absence de continuité dans l’appareillage des murs des trois cellules, d’ou l’observation sur leur édification successive.

Un relevé supplémentaire permet de préciser celle-ci : trois hiatus (murs se contrebutant sans ancrage) existent dans cette construction, rendant les trois cellules indépendantes dans leur structure. Ces ruptures sont bien visibles extérieurement et intérieurement, et ce dès la base des murs. Il est bien clair qu’il y a ici trois étapes dans la construction de l’ensemble mais l’ordre dans lequel elles se sont effectuées reste à démontrer.

Seule l’entrée actuelle (cellule A) possède un linteau de bois et conserve les traces correspondant à un battant de porte. Le passage de B à C possède une large dalle en linteau mais celle-ci ne couvre pas la totalité de la largeur des murs porteurs; à moins de modification ultérieures, cette ouverture ne semble pas être une ancienne porte extérieure, tout comme le passage de A à B, étroit, bas et légèrement encorbellé, donc sans linteau. L’observation des premières assises des encorbellements montre que la cellule C n’a pu être bâtie sans l’appui sur le mur d’épierrement sans y être incluse.

Il est possible de déduire de ces différentes observations les conclusions suivantes. Les trois cellules ont été bâties successivement dans deux ordres possibles, soit A puis B puis C, soit B, puis A, puis C. Néanmoins, plusieurs arguments tendent à prouver qu’il s’agit de la première solution : la porte d’entrée de A? le couloir de liaison se justifient vers le mur et non vers l’intérieur de la parcelle ainsi que la dénivellation intérieure entre A et B. Les passages de l’une à l’autre montrent bien qu’elles ont été prévues toutes les trois dès le début de la construction, mais les murs porteurs ainsi que les voûtes ont été édifiés l’un après l’autre.

Archives

La parcelle sur laquelle se trouve la construction appartient depuis 1974 à M. Jacques Pasquet, demeurant à Mas de Cause à Daglan.

Notre recherche dans la documentation ancienne a dû se limiter à la matrice du cadastre ancien; aucune recherche sur des actes notariés n’a pu être menée car le seul document de ce type est aussi le plus récent (1974) et ne fait référence à aucun acte préalable, si ce n’est à une date : 1956 (« Immeuble cédé par la commune de Daglan. Appartient à la commune depuis un temps immémorial, et en tout cas depuis le 1er janvier 1956 »).

Le schéma suivant, avec toutes ses interrogations, est le seul que nous puissions proposer. Jusqu’en 1899, la parcelle 1133, sur laquelle est implantée la cabane triple, appartient à Mme veuve Pierre Franc (née Lapeyre). Depuis quand?, nous l’ignorons (aucune date d’entrée dans la matrice). En 1899, cette parcelle devient la propriété de M. Pierre Despont, gendre Malaury, ceci jusqu’en 1943 ( cette parcelle n’étant pas encore rayé à cette date). Nous savons que la commune a acquis cette parcelle avant 1956, mais nous n’avons retrouvé aucune trace de ceci dans les biens communaux des années 1950, ni avant, ni après. A quelle date M. Despont a-t-il vendu? Y a-t-il eu un ou plusieurs autres propriétaires entre M. Despont et la commune? Question à ce jour sans réponse. Enfin, en 1974, la commune et M. Jacques Pasquet effectuent un échange. M. Pasquet devient le 4 avril 1974 le nouveau et dernier propriétaire de cette parcelle. En fait, rien ne nous permet de dire qui a construit, ni quand, cette cabane, ce qui est bien dommage.

Statuts

A la suite d’une étroite collaboration avec nous, la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Aquitaine a présenté en COREPHAE, le 26 novembre 1991, un ensemble de 14 constructions en pierre sèche, dont celle de la Combe du Rat. Comme toutes les autres, cette cabanes est désormais inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par décret du 27 décembre 1991.

COMMISSION RÉGIONAL DU PATRIMOINE HISTORIQUE, ARCHÉOLOGIQUE ET ETHNOGRAPHIQUE D’AQUITAINE.

SÉANCE DU 26 NOVEMBRE 1991

PROCÈS VERBAL

EXTRAIT :
THÉMATIQUE : ARCHITECTURE RURALE
DORDOGNE – Cabanes en pierre sèche

Présentation générale

Rapporteur Pierre Moreau, documentaliste

Les cabanes en pierre sèche constituent l’une des composantes caractéristiques du paysage périgourdin. Il existe des études éparses mais ponctuelles sur ces constructions. Le choix des cabanes proposées ici à la protection au titre des monuments historiques a été établi à partir de ces études et d’une certaine connaissance du terrain, en tenant compte de l’exemplarité et de l’originalité de certaines de ces réalisations; mais à cause de leur nombre et de l’étendue de leur répartition, ce choix ne peut pas prétendre à une représentativité significative.

Ces cabanes (et non pas « bories ») sont toujours implantées dans d’anciennes régions viticoles, sur un substrat géologiques calcaire. Leur mise en oeuvre, spectaculaire ou pittoresque, a l’aide du seul matériau tiré du sol à l’état brut, souvent dans des lieux très isolés, a suscité des interprétations et des datations tout à fait excentriques.

En l’absence d’une étude archéologique scientifique de synthèse, une réflexion simple à partir de leur construction, de leur implantation et de leur fonction probable laissent penser que ces cabanes ont été bâties pour leur majorité au siècle dernier, et ne peuvent être antérieures au XVIIème siècle.

La plupart ne sont plus utilisées et restent sans entretien. Elles disparaissent rapidement par le gel saisonnier qui délite la lauze et la végétation.

Les cabanes retenus se trouvent situées pour l’essentiel dans la partie Sud-Est du département, (jusqu’à la commune de Badefols sur Dordogne qui a fait l’objet d’un recensement exhaustif avec un repérage et numérotage systématique).

Au terme de la présentation, le président souligne l’intérêt du travail effectué par le service de recensement.

M. l’architecte en chef, ajoute que les quatorze dossiers présentés donnent une intéressante avue d’ensemble permettant de dégager une typologie comprenant des cabanes à plan rectangulaire comme celle du Bourg, à plan carré comme celle de Pechménie, toutes les deux sur la commune des Eyzies et enfin de plan circulaire comme la cabane n° 30 au lieu-dit « Villeneulve » sur la commune de Badefols sur Dordogne.

M. FONQUERNIE évoque les cabanes identiques du Lot et du Nord de l’Aveyron.

M. DESGREZ précise que dans le Lot la pente du toit de ces cabanes donne une idée de leur ancienneté, les couvertures les plus basses étant les plus anciennes.

M. FONQUERNIE précise que les cabanes en pain de sucre sont des édifices à la toiture inachevée.

M. GARMY juge ces vestiges très menacés.

M. BILLA estime qu’en l’état incertain de la recherche sur ce type d’architecture vernaculaire, il conviendrait de protéger la totalité des cabanes présentées et de classer les exemples retenus par M.FONQUERIE.

M. GOUYON souligne la qualité de choix de l’échantillonnage.

M.MOREAU précise qu’un recensement systématique avait été fait à Daglan à l’initiative de la commune et qu’il s’est appuyé sur des études faites par le centre permanent d’initiation à l’environnement.

Le président fait procéder au vote.

Sont proposés à l’unanimité pour l’inscription parmi les monuments historiques, en totalité, les édifices suivants :

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabanes n° 24 et 25

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabane n° 27 au lieu-dit « Villeneuve »

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabane n° 30 au lieu-dit « Villeneuve » avec son enclos et son escalier attenants

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabane n° 34 au lieu-dit « La Fontaine de Viralet »

– CARSAC – Cabane de Peyromolle

– DAGLAN – Cabane du Mazut avec son enclos

– DAGLAN – Cabane de « la Combe du Rat »

– LES EYZIES DE TAYAC-SIREUIL – Cabane du Bourg avec les terrasses et les murs de soutènement

-LES EYZIES DE TAYAC-SIREUIL – Cabane de Pechmemie

-SAINT-VINCENT LE PALUEL – Cabale de Malevergne

– VALOJOULX – Cabane au lieu-dit « Les Cabanes »

– VITRAC – Cabane de Mazères

– VITRAC – Cabane de Pech Lauzier

Pour SAINT-ANDRE D’ALLAS (dont le maire assiste à la présentation du dossier et se dit favorable au classement), M. FONQUERNIE fait remarquer l’intérêt de l’ensemble formé par les cabanes du Breuilh et les bâtiments attenants.

La commission propose donc le classement parmi les monuments historiques des cabanes du Breuilh et l’inscription sur l’inventaire supplémentaire des autres bâtiments.

Arrété Préfectoral signé le 27/12/1991 par Le préfet de Région, Pierre Chassignaux, publié dans l’Architecture Vernaculaire Tome XV 1991, page 35.



Architecture Vernaculaire

L’architecture vernaculaire englobe des constructions très distinctes sur le plan de l’histoire, de la géographie, de l’économie et de la fonction; la détermination objective permet de dépasser la notion vague et ambiguë du « traditionnel ». Voir Essai de définition proposé par M. Christian Lassure (Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Architecture Vernaculaire).

Études Approfondies

Deux constructions ont fait l’objet d’études plus approfondies (publication primée du tome XV de l’Architecture Vernaculaire) sur leur situation cadastrale, leur environnement, leur particularité morphologique (trois cellules) et leurs aménagements (cheminée, citerne, banquette).

Les deux cabanes, « Cabane du Mazut » et « Combe du Ratt », ont été inscrites à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques avec douze autres constructions en pierres sèches du département de la Dordogne.

Cabane du Mazut

Etude approfondie

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DU PÉRIGORD

Liste de plantes observées lors d’une sortie le 05/06/1994.

Accompagnateur M. Jean-Claude Martegoutte (Professeur de Biologie au Lycée agricole de Périgueux).

Liste communiquée en 1994 et faisant suite à une première sortie sur les « coteaux secs » de Daglan par la Société Botanique du Périgord. Depuis cette date, la liste a due considérablement s’enrichir. En la rendant disponible sur le site, je compte simplement apporter un élément nouveau à la découverte du causse de Daglan.

Cette liste comprend :

Le nom scientifique
Nomenclature actualisée de la Flore de l’Abbé Coste par Ginebre. Société Catalane de Botanique et d’Écologie Végétale N°9 Déc. 92. D’après Flora Europaea Tutin et Al. 1994 – 82.

Le nom français
La Grande Flore en Couleur de Gaston Bonnier – Belin

La famille

Les Numéros
N° Coste page et volume de Coste
N° Bonnier

Pierre Sèche en Europe et Pourtour Méditerranéen.

Les constructions en pierre sèche sont présentes dans beaucoup de pays européens plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen; les exemples présentés montrent que la nature des matériaux est variable.

Si les principes de construction sont identiques et donnent des structures aux formes comparables, elles se situent dans des champs historiques et économiques souvent très différents (origine viticole ou agropastorale, du simple mur d’enclos à l’habitat temporaire ou permanent allant jusqu’à l’organisation urbaine) ex: Italie du Sud. Turquie.

HISTOIRE ET VITICULTURE

Un tableau peint en 1928, accroché dans la salle de l’Hôtel de Ville de Daglan, montre une scène de vendange sur le versant Nord d’un coteau de Daglan (Le Mazut) aujourd’hui en friche.

A l’horizon, on peut observer les falaises dominant la vallée du Céou près de son embouchure dans la Dordogne ; le versant Ouest de la vallée apparaît très dénudé, les cabanes et les tas d’épierrement bordant la vigne sont bien visibles.

Certains documents témoignent de l’utilisation de la pierre sèche à des fins diverses et de la culture locale de la vigne depuis plus de 600 ans. t

XIVème siècle :

Gilbert de Domme (vers 1360, 1380)

-a des vignes notamment à Bon Pas (Bel Air) à la limite du Peyruzel (Daglan) et de Cénac.

Enquête du 27 Juillet 1500.

– enferme son bétail (bovins, chevaux) dans une enceinte de pierres sèches (circuitum parietis), près du village de Simon aux limites de Cénac et de Castelnaud.

Enquête de 1488-89.

XVème siècle :

Un acte du 19 mars 1456 signale le « vinhal » de Jean del Peyrat, de Sarlat, près de la font de Sirgon (Daglan), près du village de la Borie.

Plamon, notaire.

Le 6 septembre 1474, Jean Lasgrèzes reconnaît à Raymond Bernard de Belcastel, seigneur de Campagnac, une vigne au pech Galbert (Galibert, Daglan).

RAYMOND Martin, notaire.

Vers 1470, aux Farguettes (limites de Domme et de Nabirat), à côté d’un terrain cultivé avec un verger, les habitants de Liaubou avaient un parc dans lequel ils enfermaient leur bétail et ils y construisirent une cabane.

Enquête du 20 Février 1514.

Acte du 27 octobre 1477, reconnaissance à François de Caumont, seigneur de Castelnaud, de 30 journaux de vigne au pech de Paradis (Saint-Laurent) et de 12 journaux de terre pour faire vigne au même lieu.

Plamon, notaire.

Le 24 Novembre 1495, Adhémar de Barrilhac, prêtre, donne à sa nièce, Martiale, qui se marie, la moitié d’une cabane ou maison d’habitation (cabana sive domus) près du bourg de Saint-Germain (de Belvès).

Chapoul, notaire.

XVIème siècle :

Le 9 mars 1545, Léonard Brossa, couturier de Marnac, donne pour 6 ans, à métaierie, ses terres de Vinhayrac. Il se réserve la possibilité d’y édifier cabane ou grange.

Gonet, notaire.

Le 3 Mai 1545, Jean Creyssenssac vend à Gilles Félipart une vigne ou plantou (vigne récemment plantée) à Vinhayrac (Marnac) joignant la vigne de Me Hugues Creyssenssac, prêtre, muraille entre-deux. Il assigne en garantie une pièce de terre et cabane au dit village.

Gonet, notaire.

Le 17 décembre 1597, Mondy Artaud vend à Pierre Montanier une maison ou cabane au barri de Beyssac (faubourg de Saint-Cyprien), moyennant 11 Livres.

Del Montet, notaire.

Aux XVIème et XVIIème siècles, l’expansion de la culture de la vigne se réalise surtout par des contrats de « complantement » accords entre le possesseur du sol et le vigneron.

Au XVIIIème siècle, à côté de ce contrat perpétuel, on trouve des « baux à faire valoir » à durée limitée et des « prix-faits » (contrats d’entreprise).

XVIIème siècle :

Le 4 novembre 1669, Jean de la Dieudie, de Daglan, baille à Pierre Goumel, 3 quartonnées de terre à convertir en vigne, au tènement de Montalieu. Le preneur promet de planter d’ici un an. Il se réserve toutes les récoltes pendant 4 ans. A partir de la 5ème récolte, les fruits seront partagés en deux. Goumel promet d’épierrer et de faire une muraille. La Dieudie paiera la rente, il donne à Goumel 16 Livres, 10 sous et se réserve le bois.

Agat, notaire.

Le 7 Novembre 1677, Pierre et Jean Maurie, de l’Estang de Lol (Daglan) donnent quatre cartonnées à convertir en vignes al Coustalou sur le chemin du moulin à Turat. Les preneurs seront tenus de planter la terre de bons plants. Après la replante, ils devront épierrer et, de la pierre qu’ils tireront, feront une muraille. La récolte sera partagée la cinquième année. Les Maurie paient 40 livres.

Agat, notaire.

Le 5 Février 1696, François Grézis, bourgeois de Daglan, baille à Jean Rougier trois cartonnées de terre à planter et convertir en vignes icelle épierrées et fermées de murailles. Le partage se fera en 1701, à partir de la cinquième récolte. Rougier gardera tout le sarment, donnera à Grézis une paire de poulets par an à la Sainte-Madeleine. Grézis donne 18 livres.

Agat, notaire.

XVIIIème siècle :

Perpétuel : Le 7 janvier 1720, Guillaume Agrafel, clerc du Peyruzel, baille 5 quartonnées, 7 picotins de terres à planter et convertir en vignes, sur le chemin du Peyruzel au Cuzoul. Les preneurs devront planter de bons plants la première année. La récolte sera partagée à partir de la 4ème année, ensuite à perpétuité tant que la terre sera en vigne. Récompense : 7 Livres par quartonnée. Les preneurs donneront 3 paires de poules par an, à partir du partage.

Rauzet, notaire.

Baux à faire valoir : Le 23 septembre 1770, Jean Vialard baille pour 5 ans à Jean Sabrou, 7 quartonnées de terre à prendre sur plus grande pièce, à Bedeau dont il est meunier. Il donne à Sabrou, 70 Livres pour la plantation.

Bouquet, notaire.

Il y a des baux de 4, 5, 6, 9, 29 ans. Plus le temps est long, moins la récompense est forte.

Prix fait : Le 15 mars 1773, Antoine Pasquet, clerc de Cournés (Saint-Pompon) paie 12 Livres à Pierre Vergnolle; pour planter une quartonnée de terre en vigne.

Crémont, notaire.

Conclusion : Subsistances, grains.

« Il est bien étonnant que les cantons de Domme et de Daglan ne présentent qu’un léger déficit… Ces cantons sont remplis de plantations de vignes et ne récoltent pas, dans les années les plus abondantes, la moitié des denrées nécessaires à leur consommation ».

District de Sarlat, 18 mai 1794.

Les autorités publiques (consuls pour Domme, juge ordinaire pour une seigneurie) fixent la date à laquelle peuvent commencer les vendanges.

Ban des vendanges.

12 Septembre 1784, « il est d’usage de fixer le jour pour ouvrir les vendanges afin que les voisins d’un homme peu entendu ne soit pas dupe de son impatience.. Afin de conserver la réputation des vins du pays qui ne peut que se perdre si les vendanges se font avant que le raisin ait acquis leur parfaite maturité… »

Délibération de la communauté de Domme.

Dîme des vendanges.

Un pourcentage de la récolte est prélevé au profit du clergé, en contrepartie des services rendus par l’église (culte, éducation, assistance). En 1745, le prélèvement, dans les paroisses de Domme et Cénac est de 1/20ème de la vendange.

1675, Messire Jean Vabre sieur de Châteauneuf, archiprêtre de Daglan, présente une requête au présidial de Sarlat aux fins de faire visiter les chais ou caves des paroissiens et constater la quantité de vin qu’ils ont recueillie.

Archives judiciaires.

Ports et chais.

La majeure partie du vin était acheminée vers les ports de Domme et de Castelnaud.

« Le port de Domme est très beau. Il s’y fait un commerce considérable en vin pour la descente, ainsi que beaucoup d’autres marchandises… Le port de Castelnaud est très fréquenté. Les vins de toutes les communes environnantes sont très bons pour la descente, c’est particulièrement de ce port qu’il s’en vend une très grande quantité pour être embarquée ».

Rapport de l’ingénieur Henry, Juillet 1798.

Le 3 mars 1752, bail d’un chay à Tournepique (Castelnaud), par Raymond Villatte à Sieur Guillaume Daurat pour 6 ans à raison de 90 Livres par an.Acte sous-seing privé.

Conflit avec les Jurats de Bordeaux.

En 1772-1773, les Jurats et Echevins de Bordeaux prirent diverses mesures destinées à entraver la circulation et la vente des vins vendus sous le nom de « vins de Domme ». La communauté de Domme engagea une action judiciaire le 31 Janvier 1773. Les communautés des diverses paroisses du pays dommois adhérèrent à cette action, notamment Daglan, Saint-Cybranet, Saint-Martial…

« très convaincus du dommage inexprimable que porte à toute la province et à cette paroisse en particulier, les privilèges que la ville de Bordeaux s’est arrogée concernant l’entrée et la vente du vin dans sa sénéchaussée… »

Bouquet, Espitalié, notaire.

Le Conseil d’Etat donne tort aux autorités bordelaises.

Extraits bibliographiques :

Les campagnes du Périgord – Christian Marty – Presses Universitaires de Bordeaux 1993.

« à partir de 1830, le Périgord est saisi d’une fièvre de plantation. On plante la vigne partout y compris dans les fonds où la terre a été remuée de 18 à 20 pouces de profondeur; toutes pierres ou rochers en ont été extraits ainsi que toutes racines. C’est au prix d’un labeur incessant que les vignes dépassent les labours en superficie dans certaines communes, comme à Daglan… Tous les coteaux de Domme donnent d’excellents vins rouges sur une superficie de 3822 hectares.»

«Passé le tournant du milieu du siècle, la population rurale du Périgord amorce un mouvement de décrue qui met fin à une longue période de croissance. Assez lente d’abord, rapide ensuite, cette décrue fait perdre plus de 9000 habitants au Périgord de 1846 à 1861 puis 24000 habitants de 1861 à 1886 et presque 60000 de cette dernière date à 1911. L’allègement de la pression démographique qui en résulte est directement lié à l’émigration vers les villes de la province ( 37 089 habitants en 1846, 63 280 en 1911) et de l’Aquitaine, des éléments jeunes les plus pauvres de la société rurale qui ne trouvent plus comme par le passé, le secours des « activités subsidiaires » (Weber) de l’artisanat rural du textile et de la petite métallurgie des forges. Mais cet exode se transforme en hémorragie à partir de 1873 et surtout dans les années 1880, lorsque le phylloxéra, puceron venu d’Amérique par la Provence et la vallée de la Garonne, détruit le vignoble Périgourdin et anéantit les efforts de milliers de petits paysans ayant trouvé dans la viticulture les moyens de s’accrocher à la terre.

Partout les densités rurales s’effondrent. Seul le Nord du département, de Nontron à Lanouaille, résiste assez bien à la crise, alors que le Périgord central, quelques cantons de Ribéracois, le Bergeracois et plus encore le Sarladais, se vident brutalement de leur population. Paysans ruinés, artisans et commerçants dont les travaux étaient liés à la viticulture, migrent vers les villes quand certains quittent la France pour aller jusqu’en Amérique Latine tenter leur chance. Les friches, les taillis de chênes et de pins remplacent rapidement les ceps conquérants jusque là, car la superficie du vignoble tombe de 120 000 hectares à moins de 20 000 malgré sa reconstitution partielle avec des plants américains.»

Le Périgord – Paul Fénelon – Privat 1982.

«Sous le Second Empire, le vignoble Périgourdin avait connu son âge d’or. Grâce au bail à complant d’une durée de vingt neuf ans, les versants des collines s’étaient couverts de belles vignes avec des « plants français ». Du Ribéracois au causse de Thenon et jusqu’aux rives de la Dordogne elles s’étendaient sur plus de cent milles hectares. Cependant, dès les années 50, quelques alertes avaient causé des inquiétudes. Au cours des étés humides, les feuilles et les grappes des précieuses plantations s’étaient couvertes d’une fine poudre blanche ; au microscope on avait decelé le mildiou et l’oïdium qui réduisaient le rendement des récoltes. Il avait fallu combattre ces détestable cryptogames avec des bouillies à base de cuivre. Mais voici qu’à partir de 1873 un autre fléau frappa les vignobles du Périgord. En plein été quelques ceps commencèrent à perdre leurs feuilles ; intrigués, les vignerons les arrachèrent et découvrirent dans leurs racines un fourmillement de pucerons ; c’était le phylloxéra venu d’Amérique par la Provence et la vallée de la Garonne. En quelques années les belles rangées de vignes ne furent plus que rameaux desséchés et souches tordues et sans sève. De cent cinq mille hectares, le vignoble périgourdin tomba à moins de vingt milles. Résistant mieux à l’insecte, les plants américains remplacèrent les plants français, mais il ne donnèrent que des vins très médiocres. Sur les ceps détruits s’étendirent les friches et les taillis de chênes… Ce sont les régions les plus malmenées par la crise du phylloxéra, la ruine des forges et la mévente des céréales qui ont été les plus touchées par la mort ou les départs ; causses de Daglan et de Thenon ou Chourgnac tombe de 368 habitants à 71 en cent ans. Sur les collines du Ribéracois et forêts du Sarladais ; là où florissait la vigne et où poussaient les blondes moissons, règnent le silence et le vide parmi les landes et les maigres garrissades… Des fermes en ruines, des chemins envahis par les ronces, des murettes écroulées et la friche gagnant sur les labours ; c’est un spectacle trop fréquent autour de Thenon et de Daglan, de Vergt et de Sainte-Alvère.»

Histoire du Périgord – Privat 1983-

«Dès le Second Empire, nombre de notables commencèrent à placer leurs capitaux, non plus dans la culture, mais dans l’industrie et les transports, plus rentables. Mais ce fut surtout la crise phylloxérique qui précipita les départs, dans les années 1880-1890. Le vignoble tomba de 107000 à 21800 ha ; seuls les vignobles du Bergeracois connurent la reconstitution. Un très grand nombre de petits paysans ruinés, des artisans et commerçants dont l’activité était liée à la viticulture abandonnèrent la partie, pour gagner les villes et centres industriels, voire même l’Amérique Latine.»

La Dordogne ancien Périgord -Paul Grelière-

«Les vignobles, que le phylloxéra avait ruinés, y ont été reconstitués en substituant aux vignes du pays:

«Des cépages américains, qui résistent aux maladies cryptogamiques et au phylloxéra grâce « au poli » et à la densité de leurs feuilles et de leur grain où le champignon s’alimente difficilement ; à la richesse de leur chevelu, qui assouvit l’insecte et charrie encore assez de sève pour sustenter le cep.

Leur culture est presque abandonnée et on encourage l’arrachage par des primes.»

On cultive actuellement:

Des hybrides, créés par croisements et sélections, et qui, de sang américain, eux aussi, naissent avec les mêmes qualités: abondance de racines, fougue de végétation ; résistance aux attaques des cryptogames et fournissant des vins très acceptables.

Plants et portes greffes. – On cultive surtout des plants greffés, qu’on obtient en greffant des sarments français sur des portes greffes américains, cépages très peu féconds eux-mêmes, mais fournissant des sujets très vigoureux. Les rupestris (du lot et Berlandieri) sont très appréciés pour les terrains calcaires et secs.

Ce sont les plants greffés qui, incontestablement, fournissent les vins de meilleure qualité. Ils sont cultivés dans les régions où la vigne est la culture principale, notamment dans l’arrondissement de Bergerac, qui possède à lui seul la moitié des vignobles du département et dont les vins sont renommés.

«Comme on n’a pas réussi à créer des hybrides fournissant un vin absolument comparable comme qualité à celui des plants greffés, les hybrides sont considérés comme plants « non noble » dont l’Etat subventionne aussi l’arrachage. Leur présence dans un vignoble lui fait perdre le droit à l’appellation contrôlée.

Par contre, un grand nombre de petits exploitants s’en contentent et sont heureux de récolter un bon vin de consommation courante qui les soutient pendant les durs travaux. Ils croient, ou feignent de croire, à la vertu du « chabrol », mélange de vin et de bouillon dans l’assiette à soupe.»

Lieu-dit / Propriétaires Tonneaux de vin rouge

A Bardille (Sylvestre) 25

Au Pont (Jean Ventelou) 15

A Lescazes (Delmas) 15

Château de Pauillac (Teyssier) 12

Mas de Cause (Lavergne) 12

Turat (Mercadié) 10

Au Bourg (Ventelou Férréol) 8

Au Bourg (Seignabou) 8

Au Bourg (Mézergue) 5

Au Bourg (Raymond Fauchier) 5

Au Bourg (Ventelou) 5

A Bardille (Mabru) 8

Au Périer (Dufour) 8

Château Saint-Marin (Védrenne) 5

A Saint-Martin (Maury) 5

A Concazal (Vergnolle) 5

Production en tonneaux de vin rouge des principaux propriétaires de Daglan – à la fin du siècle dernier.

LA FLORE

Mme S. Sandeau (Professeur de Biologie)

La flore du Causse de Daglan est constituée de plantes à caractère thermophile (qui aiment la chaleur), calcicole (qui poussent sur le calcaire) et souvent xérophile (adaptées à la sécheresse).

Sur la commune de Daglan, en plus de la végétation habituelle des côteaux calcaires du Périgord, poussent des espèces méridionales et même méditerranéennes.

  • – Sédum
  • – Ophrys abeille
  • – Ophrys bécasse
  • – Chèvrefeuillle d’Eturie (méridionale)
  • – Neprun alaterne
  • – Potentille printanière
  • – Céphalenthène rouge
  • – Globulaire commune
  • – Aristoloche clématite
  • – Leuzée à cônes (méditerranéenne)
  • – Trèfle rouge
  • – Dompte-venin

LA TRUFFE

Extraits de Domme et pays dommois de Jean Maubourguet -Pierre Fanlac-1973 Périgueux.

Nous ignorons la valeur des truffes récoltées actuellement, chaque année, par l’ensemble des communes du Sarladais, mais nous savons qu’à la fin du second Empire, dans les bonnes années, la vente s’élevait, sur le seul marché de Sarlat, à plus d’un million de francs, soit à quelques dix millions de francs lourds de notre temps.

Pour la même somme, on aurait trente tonnes de truffes en 1973.

Les régions du causse voisines du département du Lot ont le privilège de compter au nombre des meilleures productrices de truffes. Bouzic en fournit « beaucoup », mais les caveurs, prudents, refusaient de mieux préciser lors de l’enquête de 1835.

Florimont en récoltait alors 200 kilos ; Campaganac les Quercy en donnait pas moins, bon an mal an, de « 15 à 25 hectolitres ». Contrairement à ce que croient la plupart des gens qui la mange, la truffe ne pousse pas toute seule. Abandonnée par les hommes, elle disparaît comme eux.

Au siècle dernier, Saint Cybranet était grand producteur de truffes (1200 kilos en 1835), mais les propriétaires des chênaies avaient renoncé à les chercher eux-mêmes, car les braconniers passaient toujours -déjà- les premiers. « Autrefois, dit un texte de ce temps, il n’y avait qu’un seul truffeur dans la commune ; aujourd’hui, il y en a cent au moins: ce genre d’industrie est très préjudiciable à certains propriétaires ».

Sur la commune de St Martial, comme à St Cybranet, la truffe est abondante, mais il est rare qu’elle fut un grand revenu pour les propriétaires des bois. C’est si vrai qu’au temps de Louis Philippe, aucun d’eux ne se donnait la peine de chercher ; on abandonnait ce soin à une « vingtaine de malheureux ». « Elle aime les bois de chênes, note l’enquête de 1835, mais elle est capricieuse: il suffit de porter du fumier ou de la cendre sur la truffière pour qu’elle émigre plus loin ou même disparaisse… »

Au temps de Napoléon III, la situation est tout autre. D’après l’enquête menée en 1866 par la Ministère de l’Agriculture, la truffe se trouve, de préférence, sous le chêne, le chêne vert, le genévrier.

L’ombre des arbres est nécessaire à la truffe ; si on les arrache, la truffe disparaît pour toujours; si on les émonde , elle entre en dissidence pour cinq ou six ans.

Par contre, on cite un propriétaire qui prit en partage de famille une friche estimée à 190 francs (neuf napoléons et demi); cette friche rapporte aujourd’hui (1866) après avoir été ensemencée en glands de chênes truffiers, 4000 francs par an, c’est-à-dire le prix de 222 hectolitres de blé.

Le même texte précise que la truffe du Périgord, exportée dans tous les pays du monde, se vendait plus cher en Périgord qu’à Paris parce que les marchands de la capitale la mélangeaient à des truffes d’une autre provenance selon la recette d’un cheval-une alouette.

La Dordogne ancien Périgord – Paul Grelière.

– La truffe, que produisent les chênes souffreteux des « causses », a une renommée mondiale. Elle se développe sur les racines superficielles des chênes-truffiers, dans les terres au sous-sol perméable, sèches, peu profondes et, en général, de peu de valeur pour les autres cultures.

Les frais de plantation et les soins culturaux étant très réduits, on peut s’étonner que cette culture soit en régression. C’est qu’on peut planter des chênes truffiers authentiques et dans des conditions favorables de sol et d’exposition … sans obtenir de truffes!

«Il y a, en effet, dans la culture de la truffe, une inconnue mystérieuse qui fait que le mycélium truffier apparaît ou n’apparaît pas. Tenter de faire de la trufficulture est un jeu: on perd ou on gagne. En Dordogne, on gagne plus souvent qu’on ne perd, et, comme l’enjeu en vaut la peine, nous disons aux agricultureurs : « Essayez ! »» . G. Vaudou (Culture de la Truffe).

Il y a trois régions principales de production dans le département :

Le Sarladais (cantons de Salignac, Terrasson, Carlux, Sarlat et Domme), 50% de la production totale.

La région Savignac-les-Eglises, Sorges.

Dans le Ribéracois, plusieurs communes des cantons de Verteillac et de Mareuil.

Une grande quantité de chênes truffiers furent plantés à la fin du XIXème siècle pour remplacer les vignes détruites par le phylloxéra.

RECOLTE – Sous les chênes truffiers, la « terre brûlée » s’étend en larges cercles, la présence de la truffe y produit de petites fissures révélatrices que le caveur ou « rabassier » marque avec un grain d’avoine qui germera et le guidera pour la récolte.

La truffe peut aussi être décelée par une petite mouche rougeâtre aux ailes gris bleu qui s’envole à l’approche du chercheur. Mais généralement, on la fait caver par une truie dressée à cette tâche.

Plantes liées à la truffe (Tuber Melanosporum) :

– L’épervière piloselle

– La Carline

– L’Héliamthème

– Le Sédum

– La Fétuque ovine

– Le Genèvrier

Elles n’influencent pas la poussée de la truffe mais peuvent révéler sa présence.

Géologie

GÉOLOGIE M. F. Poujardieu (Professeur de Biologie)

JURASSIQUE: Période du milieu de l’ère secondaire (moins 150 à moins 110 millions d’années)

CRÉTACÉ: Période de la fin du secondaire, (moins 110 à moins 70 millions d’années).

Le calcaire Turonien inférieur (Crétacé supérieur), et le calcaire Portlandien inférieur (Jurassique supérieur), donnent des plaques plus lenticuleuses, cassantes. C’est le cas des cabanes de Viragogne ou Galie, moins « solides ».

Le calcaire Kiméridgien (Jurassique supérieur) trop épais, très gélif est souvent impropre à l’édification d’une voûte à encorbellement.

Le calcaire Santonien (Crétace supérieur) se délite en plaques dont la rugosité assure une bonne assise aux constructions.

Sur le Causse de Daglan, les plus « belles cabanes » sont en calcaire Jurassique du Portlandien supérieur qui fournit:

-des moellons de pierres à trous ou « cargneules » pour les murs. C’est le cas des cabanes de la Bégonie, la Combe du Rat, du Mazut…

-des plaques bien plates et compactes, ornées de dendrites de bioxyde de manganèse.

L’Encorbellement.

L’encorbellement est un principe de construction qui permet de couvrir un espace sans l’aide d’une charpente. Chaque assise en pierre est posée en saillie de la précédente ; chaque pierre est un corbeau, l’ensemble s’appelle un encorbellement. Certaine constructions sont constituées de deux encorbellements qui ne se contre-butent pas au sommet ; la liaison est assurée par de grandes dalles (carène).

Pour une construction de plan circulaire, la voûte est édifiée en un seul encorbellement ; un relevé précis montre que la succession des assises est très souvent irrégulière.

Le principe de la construction à l’encorbellement permet de s’adapter à une grande diversité de formes et de plans.

Principes de Construction.

L’édification des constructions en pierres sèches nécessite l’application de principes dont le premier est l’appareil à joints croisés

Une assise est un rang de pierres juxtaposées et d’épaisseur semblable le joint entre deux pierres d’une même assise ne doit pas correspondre à un joint de l’assise inférieure.

Suivant la nature du matériau, ce principe est plus ou moins difficile à mettre en oeuvre.

Les sont des pierres utilisées brutes, non taillées ou légèrement dégrossies ; dans tous les cas, un calage de petites pierres est nécessaire afin d’éviter les effets de tassement.

Des plaquettes permettent un meilleur ajustage et offrent des parements plus réguliers; ces plaquettes retaillées sont utilisées de la même façon pour les couvertures en lauzes.

Extrait de : QUERCY RECHERCHE N°13 Année 1976 page 5

LA TRADITION DE LA PETITE ARCHITECTURE RUSTIQUE EN PIERRE SÈCHE DU LOT

ses dernières manifestations (1860 – 1975)

Christian LASSURE

« …..LES ENSEIGNEMENTS DE LA TRADITION ORALE

Les techniques de construction de la casèle

De nos entretiens tant avec des paysans qu’avec des maçons, il ressort qu’il existait un ensemble de procédés très simples permettant de bâtir une cabane à toiture conique qui soit une réussite sur le plan architectural.

Il convenait tout d’abord d’élever la base verticale de l’édifice, jusqu’à la hauteur de l’entrée, cela de l’intérieur d’un cercle figurant la future cellule et où un pivot en bois était fiché verticalement. Deux cordeaux formant gabarits, l’un pour la paroi intérieure, l’autre pour la paroi extérieure, venaient s’articuler autour du pivot, tournant et montant en même temps que s’élevait la paroi verticale. pour obtenir l’aplomb extérieur, un simple fil à plomb suffisait.

Au sommet du mur cylindrique on plaçait plusieurs poutres sur lesquelles étaient posées des planches, formant un échafaudage d’où édifier la couverture. Pour obtenir l’oblique ou la courbe intérieure, il suffisait de faire un nœud à une corde à chaque tour, voire deux nœuds sur la fin pour aller plus vite. Pour obtenir l’oblique extérieure, on se contentait d’un cordeau mobile relié au sommet du mât. Si le toit devait être particulièrement élevé, on faisait un second échafaudage un peu plus haut de manière à pouvoir achever la voûte. Une fois l’édifice terminé, les poutrelles, encastrées dans les parois, restaient en place.

La disposition des pierres de la couverture devait répondre à deux règles impératives, d’une part celle de l’imbrication horizontale, nécessaire pour limiter les infiltrations de l’eau de pluie, d’autre part celle de l’inclinaison vers l’extérieur pour empêcher l’eau de pénétrer à l’intérieur:ainsi donc en plaçant des plaquettes ou des dalles aussi grandes que possible à l’imitation des tuiles à crochets, on réduisait au maximum le nombre de « gouttières » et on dirigeait vers l’extérieur l’écoulement de l’eau…. »

DIVERSITÉ DES FORMES

Comme nous l’avons lors du recensement des cabanes de Daglan, les formes des constructions sont très variées.L’image de la cabane, grande et bien ronde, qui représente souvent ce genre de constructions tient plus de la carte postale que de la réalité.


Sauvegarde du patrimoine

Deux exemples d’actions locales en faveur des constructions à pierre sèche.

L’artisan murailler David Fontayne a créé sa propre entreprise, à Castels en Dordogne, à la suite d’un stage sur la construction et restauration à pierre sèche. Je présente quelques photos prises lors d’une restauration de grands murs de soutènement éventrés à plusieurs endroits.

http://www.sudouest.fr/2012/04/20/cours-pratiques-sur-le-patrimoine-693381-1795.php

L’association « Renouveau du Petit Patrimoine de Tamniès », créé en 2009, travaille, sous la Présidence de Jacques Crouzel, pour la sauvegarde du petit patrimoine de Tamniès en Dordogne. Pour en savoir plus

http://petitpatrimoinetamnies.blogspot.fr/


Revue de Presse

Quelques Extraits de Presse

Périgord Magasine

Combat Nature

Dordogne Nature

NOTE COMITE DE LECTURE

Sud-Ouest

Erreur sur l’article de Sud-Ouest (en bas à gauche) il convient de remplacer 17 (cabanes) par 171. L’étude se poursuivra sur 400 constructions…


MONOGRAPHIES


Derniers témoins d’enduits à la chaux à Saint-Cybranet (Dordogne)

Derniers témoins d’enduits à la chaux à Saint-Cybranet (Dordogne)

(Last traces of lime-based rendering at Saint-Cybranet, Dordogne)

© Jean-Marc Caron – CERAV
Référence à citer / To be referenced as follows:
Jean-Marc Caron
Derniers témoins d’enduits à la chaux à Saint-Cybranet (Dordogne) (Last traces of lime-based rendering at Saint-Cybranet, Dordogne)
Hommage à Michel Rouvière (dir. Christian Lassure)
L’architecture vernaculaire, tome 38-39 (2014-2015)
http://www.pierreseche.com/AV_2014_caron.htm
24 septembre 2014


LES CABANES DE VALOJOULX (DORDOGNE).
ENQUÊTE ORALE, CADASTRALE, ARCHIVISTIQUE ET ARCHITECTURALE

Investigating the stone huts of Valojoulx, Dordogne,
through oral history, land registers, archives and architectural analysis

Jean-Marc Caron

Résumé

Les deux cabanes de Valojoulx, inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, sont désignées sous le terme de « cabanes gauloises » par les responsables de la commune de Valojoulx et l’office de tourisme de la vallée de la Vézère. L’enquête qui suit a pour but de replacer ces cabanes dans le champ historique « post-Révolution » qui est le leur et dans le milieu social agricole auquel elles appartiennent. Il serait souhaitable que ces appellations mensongères disparaissent définitivement des argumentaires de mise en valeur du patrimoine local et touristique de la Dordogne.

© Jean-Marc Caron – CERAV
30 juin 2015 / June 30th, 2015

Références à citer / To be referenced as:
Jean-Marc Caron
Les cabanes de Valojoulx (Dordogne). Enquête orale, cadastrale, archivistique et architecturale (Investigating the stone huts of Valojoulx, Dordogne, through oral history, land registers, archives and architectural analysis)
http://www.pierreseche.com/valojoulx_cabanes.htm
30 juin 2015


OBSERVATIONS SUR LES VESTIGES LITHIQUES AGRICOLES DE BOUZIC (DORDOGNE) D’APRÈS LE CADASTRE NAPOLÉONIEN

Résumé

La lecture du cadastre napoléonien est une source importante de renseignements pour l’étude des vestiges lithiques d’une commune. J’ai tenté ici une approche différente de celle réalisée en 1993 qui consistait à chercher et recenser cabanes et guérites. J’ai réalisé cette nouvelle étude de terrain en me basant uniquement sur un ensemble de constructions inscrites sur le cadastre ancien. La lecture des feuilles de l’ancien cadastre, la comparaison des anciennes parcelles avec celles du cadastre actuel, la recherche sur le terrain, tout cela confronté aux données des recensements, aux états civils du début du XIXe siècle et enfin à l’enquête de Cyprien Brard de 1835, apporte une vision très vivante de ces vestiges.

© Jean-Marc Caron – CERAV
16 mai 2015 / May 16th, 2015

Références à citer / To be referenced as:
Jean-Marc Caron
Observations sur les vestiges lithiques agricoles de Bouzic (Dordogne) d’après le cadastre napoléonien (Observations on the agricultural dry stone-built vestiges of Bouzic, Dordogne, in the light of the Napoleonic land register)
http://www.pierreseche.com/bouzic_vestiges_lithiques.htm
16 mai 2015


LE HAMEAU ABANDONNÉ DE LA GARRIGUE À FLORIMONT-GAUMIER (DORDOGNE) :
OBSERVATIONS SUR LE TERRAIN ET ENQUÊTE CADASTRALE ET ORALE

The deserted hamlet of La Garrigue at Florimont-Gaumier, Dordogne:

evidence from on-site observation, land registries and oral history

Jean-Marc Caron

INTRODUCTION

Le hameau de La Garrigue est menacé de disparaître prématurément pour plusieurs raisons. D’une part des pillages de pierres maîtresses ont eu lieu, d’autre part le hameau est livré à la végétation. On risque de voir ses derniers vestiges disparaître au milieu des broussailles, du lierre et des arbustes qui occuperont rapidement les lieux. Il suffirait d’un gros orage avec des vents violents pour que s’envolent les tuiles des bâtiments déjà très endommagés. J’ai souhaité établir un portrait des lieux en confrontant les données cadastrales aux données sociales et économiques du hameau au XIXe siècle et au début du XXe siècle. J’ai tenté de redonner au hameau sa mémoire en menant une enquête archivistique, en effectuant des observations de terrain et en recueillant des témoignages oraux… (lien du dossier ci-dessous)

http://www.pierreseche.com/hameau_abandonne_la_garrigue.htm

© CERAV
Le 18 septembre 2016 / September 18th, 2016

Références à citer / To be referenced as:
Jean-Marc Caron
Le hameau abandonné de La Garrigue à Florimont-Gaumier (Dordogne) : observations sur le terrain et enquête cadastrale et orale (The deserted hamlet of La Garrigue at Florimont-Gaumier, Dordogne: evidence from on-site observation, land registries and oral history)
http://www.pierreseche.com/hameau_abandonne_la_garrigue.htm
18 septembre 2016

Autres articles de l’auteur

Derniers témoins d’enduits à la chaux à Saint-Cybranet (Dordogne) (Last traces of lime-based rendering at Saint-Cybranet, Dordogne), in Hommage à Michel Rouvière (dir. Christian Lassure), L’architecture vernaculaire, tome 38-39 (2014-2015)

Observations sur les vestiges lithiques agricoles de Bouzic (Dordogne) d’après le cadastre napoléonien (Observations on the agricultural dry stone-built vestiges of Bouzic, Dordogne, in the light of the Napoleonic land register)

Les cabanes de Valojoulx (Dordogne). Enquête orale, cadastrale, archivistique et architecturale (Investigating the stone huts of Valojoulx, Dordogne, through oral history, land registers, archives and architectural analysis)

Un grand merci à Christian Lassure Président du CERAV (Centre d’Études et de Recherches sur l’Architecture Vernaculaire), directeur de publication, pour son soutien et son aide précieuse.


LES CABANES EN PIERRE SÈCHE
DANS L’ŒUVRE DU « SAVANT ET PHOTOGRAPHE » EUGÈNE TRUTAT

Dry stone shelters in the work of « scholar and photographer » Eugène Trutat
Jean-Marc Caron
« …Eugène Trutat, né le 25 août 1840 à Vernon dans l’Eure et mort le 6 août 1910 à Foix dans l’Ariège, est un savant, géologue, naturaliste et photographe ainsi qu’un grand pyrénéiste. En 1860, il participe à la création du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse et y est engagé en janvier 1865 en tant que conservateur. Il en sera le directeur entre 1890 et 1901…. »

© CERAV
18 février 2017 / February 18th, 2017
Références à citer / To be referenced as:
Jean-Marc Caron
Les cabanes en pierre sèche dans l’œuvre du « savant et photographe » Eugène Trutat (Dry stone shelters in the work of « scholar and photographer » Eugène Trutat)
http://www.pierreseche.com/pierre_seche_trutat.htm
18 février 2017

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