Pierre sèche projet d’exposition année 1993.

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Pierre sèche projet d’exposition année 1993. 2017-03-22T11:10:58+00:00

Architecture Vernaculaire

L’architecture vernaculaire englobe des constructions très distinctes sur le plan de l’histoire, de la géographie, de l’économie et de la fonction; la détermination objective permet de dépasser la notion vague et ambiguë du « traditionnel ». Voir Essai de définition proposé par M. Christian Lassure (Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Architecture Vernaculaire).

Études Approfondies

Deux constructions ont fait l’objet d’études plus approfondies (publication primée du tome XV de l’Architecture Vernaculaire) sur leur situation cadastrale, leur environnement, leur particularité morphologique (trois cellules) et leurs aménagements (cheminée, citerne, banquette).

Les deux cabanes, « Cabane du Mazut » et « Combe du Ratt », ont été inscrites à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques avec douze autres constructions en pierres sèches du département de la Dordogne.

Cabane du Mazut

Etude approfondie

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DU PÉRIGORD

Liste de plantes observées lors d’une sortie le 05/06/1994.

Accompagnateur M. Jean-Claude Martegoutte (Professeur de Biologie au Lycée agricole de Périgueux).

Liste communiquée en 1994 et faisant suite à une première sortie sur les « coteaux secs » de Daglan par la Société Botanique du Périgord. Depuis cette date, la liste a due considérablement s’enrichir. En la rendant disponible sur le site, je compte simplement apporter un élément nouveau à la découverte du causse de Daglan.

Cette liste comprend :

Le nom scientifique
Nomenclature actualisée de la Flore de l’Abbé Coste par Ginebre. Société Catalane de Botanique et d’Écologie Végétale N°9 Déc. 92. D’après Flora Europaea Tutin et Al. 1994 – 82.

Le nom français
La Grande Flore en Couleur de Gaston Bonnier – Belin

La famille

Les Numéros
N° Coste page et volume de Coste
N° Bonnier

Pierre Sèche en Europe et Pourtour Méditerranéen.

Les constructions en pierre sèche sont présentes dans beaucoup de pays européens plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen; les exemples présentés montrent que la nature des matériaux est variable.

Si les principes de construction sont identiques et donnent des structures aux formes comparables, elles se situent dans des champs historiques et économiques souvent très différents (origine viticole ou agropastorale, du simple mur d’enclos à l’habitat temporaire ou permanent allant jusqu’à l’organisation urbaine) ex: Italie du Sud. Turquie.

HISTOIRE ET VITICULTURE

Un tableau peint en 1928, accroché dans la salle de l’Hôtel de Ville de Daglan, montre une scène de vendange sur le versant Nord d’un coteau de Daglan (Le Mazut) aujourd’hui en friche.

A l’horizon, on peut observer les falaises dominant la vallée du Céou près de son embouchure dans la Dordogne ; le versant Ouest de la vallée apparaît très dénudé, les cabanes et les tas d’épierrement bordant la vigne sont bien visibles.

Certains documents témoignent de l’utilisation de la pierre sèche à des fins diverses et de la culture locale de la vigne depuis plus de 600 ans. t

XIVème siècle :

Gilbert de Domme (vers 1360, 1380)

-a des vignes notamment à Bon Pas (Bel Air) à la limite du Peyruzel (Daglan) et de Cénac.

Enquête du 27 Juillet 1500.

– enferme son bétail (bovins, chevaux) dans une enceinte de pierres sèches (circuitum parietis), près du village de Simon aux limites de Cénac et de Castelnaud.

Enquête de 1488-89.

XVème siècle :

Un acte du 19 mars 1456 signale le « vinhal » de Jean del Peyrat, de Sarlat, près de la font de Sirgon (Daglan), près du village de la Borie.

Plamon, notaire.

Le 6 septembre 1474, Jean Lasgrèzes reconnaît à Raymond Bernard de Belcastel, seigneur de Campagnac, une vigne au pech Galbert (Galibert, Daglan).

RAYMOND Martin, notaire.

Vers 1470, aux Farguettes (limites de Domme et de Nabirat), à côté d’un terrain cultivé avec un verger, les habitants de Liaubou avaient un parc dans lequel ils enfermaient leur bétail et ils y construisirent une cabane.

Enquête du 20 Février 1514.

Acte du 27 octobre 1477, reconnaissance à François de Caumont, seigneur de Castelnaud, de 30 journaux de vigne au pech de Paradis (Saint-Laurent) et de 12 journaux de terre pour faire vigne au même lieu.

Plamon, notaire.

Le 24 Novembre 1495, Adhémar de Barrilhac, prêtre, donne à sa nièce, Martiale, qui se marie, la moitié d’une cabane ou maison d’habitation (cabana sive domus) près du bourg de Saint-Germain (de Belvès).

Chapoul, notaire.

XVIème siècle :

Le 9 mars 1545, Léonard Brossa, couturier de Marnac, donne pour 6 ans, à métaierie, ses terres de Vinhayrac. Il se réserve la possibilité d’y édifier cabane ou grange.

Gonet, notaire.

Le 3 Mai 1545, Jean Creyssenssac vend à Gilles Félipart une vigne ou plantou (vigne récemment plantée) à Vinhayrac (Marnac) joignant la vigne de Me Hugues Creyssenssac, prêtre, muraille entre-deux. Il assigne en garantie une pièce de terre et cabane au dit village.

Gonet, notaire.

Le 17 décembre 1597, Mondy Artaud vend à Pierre Montanier une maison ou cabane au barri de Beyssac (faubourg de Saint-Cyprien), moyennant 11 Livres.

Del Montet, notaire.

Aux XVIème et XVIIème siècles, l’expansion de la culture de la vigne se réalise surtout par des contrats de « complantement » accords entre le possesseur du sol et le vigneron.

Au XVIIIème siècle, à côté de ce contrat perpétuel, on trouve des « baux à faire valoir » à durée limitée et des « prix-faits » (contrats d’entreprise).

XVIIème siècle :

Le 4 novembre 1669, Jean de la Dieudie, de Daglan, baille à Pierre Goumel, 3 quartonnées de terre à convertir en vigne, au tènement de Montalieu. Le preneur promet de planter d’ici un an. Il se réserve toutes les récoltes pendant 4 ans. A partir de la 5ème récolte, les fruits seront partagés en deux. Goumel promet d’épierrer et de faire une muraille. La Dieudie paiera la rente, il donne à Goumel 16 Livres, 10 sous et se réserve le bois.

Agat, notaire.

Le 7 Novembre 1677, Pierre et Jean Maurie, de l’Estang de Lol (Daglan) donnent quatre cartonnées à convertir en vignes al Coustalou sur le chemin du moulin à Turat. Les preneurs seront tenus de planter la terre de bons plants. Après la replante, ils devront épierrer et, de la pierre qu’ils tireront, feront une muraille. La récolte sera partagée la cinquième année. Les Maurie paient 40 livres.

Agat, notaire.

Le 5 Février 1696, François Grézis, bourgeois de Daglan, baille à Jean Rougier trois cartonnées de terre à planter et convertir en vignes icelle épierrées et fermées de murailles. Le partage se fera en 1701, à partir de la cinquième récolte. Rougier gardera tout le sarment, donnera à Grézis une paire de poulets par an à la Sainte-Madeleine. Grézis donne 18 livres.

Agat, notaire.

XVIIIème siècle :

Perpétuel : Le 7 janvier 1720, Guillaume Agrafel, clerc du Peyruzel, baille 5 quartonnées, 7 picotins de terres à planter et convertir en vignes, sur le chemin du Peyruzel au Cuzoul. Les preneurs devront planter de bons plants la première année. La récolte sera partagée à partir de la 4ème année, ensuite à perpétuité tant que la terre sera en vigne. Récompense : 7 Livres par quartonnée. Les preneurs donneront 3 paires de poules par an, à partir du partage.

Rauzet, notaire.

Baux à faire valoir : Le 23 septembre 1770, Jean Vialard baille pour 5 ans à Jean Sabrou, 7 quartonnées de terre à prendre sur plus grande pièce, à Bedeau dont il est meunier. Il donne à Sabrou, 70 Livres pour la plantation.

Bouquet, notaire.

Il y a des baux de 4, 5, 6, 9, 29 ans. Plus le temps est long, moins la récompense est forte.

Prix fait : Le 15 mars 1773, Antoine Pasquet, clerc de Cournés (Saint-Pompon) paie 12 Livres à Pierre Vergnolle; pour planter une quartonnée de terre en vigne.

Crémont, notaire.

Conclusion : Subsistances, grains.

« Il est bien étonnant que les cantons de Domme et de Daglan ne présentent qu’un léger déficit… Ces cantons sont remplis de plantations de vignes et ne récoltent pas, dans les années les plus abondantes, la moitié des denrées nécessaires à leur consommation ».

District de Sarlat, 18 mai 1794.

Les autorités publiques (consuls pour Domme, juge ordinaire pour une seigneurie) fixent la date à laquelle peuvent commencer les vendanges.

Ban des vendanges.

12 Septembre 1784, « il est d’usage de fixer le jour pour ouvrir les vendanges afin que les voisins d’un homme peu entendu ne soit pas dupe de son impatience.. Afin de conserver la réputation des vins du pays qui ne peut que se perdre si les vendanges se font avant que le raisin ait acquis leur parfaite maturité… »

Délibération de la communauté de Domme.

Dîme des vendanges.

Un pourcentage de la récolte est prélevé au profit du clergé, en contrepartie des services rendus par l’église (culte, éducation, assistance). En 1745, le prélèvement, dans les paroisses de Domme et Cénac est de 1/20ème de la vendange.

1675, Messire Jean Vabre sieur de Châteauneuf, archiprêtre de Daglan, présente une requête au présidial de Sarlat aux fins de faire visiter les chais ou caves des paroissiens et constater la quantité de vin qu’ils ont recueillie.

Archives judiciaires.

Ports et chais.

La majeure partie du vin était acheminée vers les ports de Domme et de Castelnaud.

« Le port de Domme est très beau. Il s’y fait un commerce considérable en vin pour la descente, ainsi que beaucoup d’autres marchandises… Le port de Castelnaud est très fréquenté. Les vins de toutes les communes environnantes sont très bons pour la descente, c’est particulièrement de ce port qu’il s’en vend une très grande quantité pour être embarquée ».

Rapport de l’ingénieur Henry, Juillet 1798.

Le 3 mars 1752, bail d’un chay à Tournepique (Castelnaud), par Raymond Villatte à Sieur Guillaume Daurat pour 6 ans à raison de 90 Livres par an.Acte sous-seing privé.

Conflit avec les Jurats de Bordeaux.

En 1772-1773, les Jurats et Echevins de Bordeaux prirent diverses mesures destinées à entraver la circulation et la vente des vins vendus sous le nom de « vins de Domme ». La communauté de Domme engagea une action judiciaire le 31 Janvier 1773. Les communautés des diverses paroisses du pays dommois adhérèrent à cette action, notamment Daglan, Saint-Cybranet, Saint-Martial…

« très convaincus du dommage inexprimable que porte à toute la province et à cette paroisse en particulier, les privilèges que la ville de Bordeaux s’est arrogée concernant l’entrée et la vente du vin dans sa sénéchaussée… »

Bouquet, Espitalié, notaire.

Le Conseil d’Etat donne tort aux autorités bordelaises.

Extraits bibliographiques :

Les campagnes du Périgord – Christian Marty – Presses Universitaires de Bordeaux 1993.

« à partir de 1830, le Périgord est saisi d’une fièvre de plantation. On plante la vigne partout y compris dans les fonds où la terre a été remuée de 18 à 20 pouces de profondeur; toutes pierres ou rochers en ont été extraits ainsi que toutes racines. C’est au prix d’un labeur incessant que les vignes dépassent les labours en superficie dans certaines communes, comme à Daglan… Tous les coteaux de Domme donnent d’excellents vins rouges sur une superficie de 3822 hectares.»

«Passé le tournant du milieu du siècle, la population rurale du Périgord amorce un mouvement de décrue qui met fin à une longue période de croissance. Assez lente d’abord, rapide ensuite, cette décrue fait perdre plus de 9000 habitants au Périgord de 1846 à 1861 puis 24000 habitants de 1861 à 1886 et presque 60000 de cette dernière date à 1911. L’allègement de la pression démographique qui en résulte est directement lié à l’émigration vers les villes de la province ( 37 089 habitants en 1846, 63 280 en 1911) et de l’Aquitaine, des éléments jeunes les plus pauvres de la société rurale qui ne trouvent plus comme par le passé, le secours des « activités subsidiaires » (Weber) de l’artisanat rural du textile et de la petite métallurgie des forges. Mais cet exode se transforme en hémorragie à partir de 1873 et surtout dans les années 1880, lorsque le phylloxéra, puceron venu d’Amérique par la Provence et la vallée de la Garonne, détruit le vignoble Périgourdin et anéantit les efforts de milliers de petits paysans ayant trouvé dans la viticulture les moyens de s’accrocher à la terre.

Partout les densités rurales s’effondrent. Seul le Nord du département, de Nontron à Lanouaille, résiste assez bien à la crise, alors que le Périgord central, quelques cantons de Ribéracois, le Bergeracois et plus encore le Sarladais, se vident brutalement de leur population. Paysans ruinés, artisans et commerçants dont les travaux étaient liés à la viticulture, migrent vers les villes quand certains quittent la France pour aller jusqu’en Amérique Latine tenter leur chance. Les friches, les taillis de chênes et de pins remplacent rapidement les ceps conquérants jusque là, car la superficie du vignoble tombe de 120 000 hectares à moins de 20 000 malgré sa reconstitution partielle avec des plants américains.»

Le Périgord – Paul Fénelon – Privat 1982.

«Sous le Second Empire, le vignoble Périgourdin avait connu son âge d’or. Grâce au bail à complant d’une durée de vingt neuf ans, les versants des collines s’étaient couverts de belles vignes avec des « plants français ». Du Ribéracois au causse de Thenon et jusqu’aux rives de la Dordogne elles s’étendaient sur plus de cent milles hectares. Cependant, dès les années 50, quelques alertes avaient causé des inquiétudes. Au cours des étés humides, les feuilles et les grappes des précieuses plantations s’étaient couvertes d’une fine poudre blanche ; au microscope on avait decelé le mildiou et l’oïdium qui réduisaient le rendement des récoltes. Il avait fallu combattre ces détestable cryptogames avec des bouillies à base de cuivre. Mais voici qu’à partir de 1873 un autre fléau frappa les vignobles du Périgord. En plein été quelques ceps commencèrent à perdre leurs feuilles ; intrigués, les vignerons les arrachèrent et découvrirent dans leurs racines un fourmillement de pucerons ; c’était le phylloxéra venu d’Amérique par la Provence et la vallée de la Garonne. En quelques années les belles rangées de vignes ne furent plus que rameaux desséchés et souches tordues et sans sève. De cent cinq mille hectares, le vignoble périgourdin tomba à moins de vingt milles. Résistant mieux à l’insecte, les plants américains remplacèrent les plants français, mais il ne donnèrent que des vins très médiocres. Sur les ceps détruits s’étendirent les friches et les taillis de chênes… Ce sont les régions les plus malmenées par la crise du phylloxéra, la ruine des forges et la mévente des céréales qui ont été les plus touchées par la mort ou les départs ; causses de Daglan et de Thenon ou Chourgnac tombe de 368 habitants à 71 en cent ans. Sur les collines du Ribéracois et forêts du Sarladais ; là où florissait la vigne et où poussaient les blondes moissons, règnent le silence et le vide parmi les landes et les maigres garrissades… Des fermes en ruines, des chemins envahis par les ronces, des murettes écroulées et la friche gagnant sur les labours ; c’est un spectacle trop fréquent autour de Thenon et de Daglan, de Vergt et de Sainte-Alvère.»

Histoire du Périgord – Privat 1983-

«Dès le Second Empire, nombre de notables commencèrent à placer leurs capitaux, non plus dans la culture, mais dans l’industrie et les transports, plus rentables. Mais ce fut surtout la crise phylloxérique qui précipita les départs, dans les années 1880-1890. Le vignoble tomba de 107000 à 21800 ha ; seuls les vignobles du Bergeracois connurent la reconstitution. Un très grand nombre de petits paysans ruinés, des artisans et commerçants dont l’activité était liée à la viticulture abandonnèrent la partie, pour gagner les villes et centres industriels, voire même l’Amérique Latine.»

La Dordogne ancien Périgord -Paul Grelière-

«Les vignobles, que le phylloxéra avait ruinés, y ont été reconstitués en substituant aux vignes du pays:

«Des cépages américains, qui résistent aux maladies cryptogamiques et au phylloxéra grâce « au poli » et à la densité de leurs feuilles et de leur grain où le champignon s’alimente difficilement ; à la richesse de leur chevelu, qui assouvit l’insecte et charrie encore assez de sève pour sustenter le cep.

Leur culture est presque abandonnée et on encourage l’arrachage par des primes.»

On cultive actuellement:

Des hybrides, créés par croisements et sélections, et qui, de sang américain, eux aussi, naissent avec les mêmes qualités: abondance de racines, fougue de végétation ; résistance aux attaques des cryptogames et fournissant des vins très acceptables.

Plants et portes greffes. – On cultive surtout des plants greffés, qu’on obtient en greffant des sarments français sur des portes greffes américains, cépages très peu féconds eux-mêmes, mais fournissant des sujets très vigoureux. Les rupestris (du lot et Berlandieri) sont très appréciés pour les terrains calcaires et secs.

Ce sont les plants greffés qui, incontestablement, fournissent les vins de meilleure qualité. Ils sont cultivés dans les régions où la vigne est la culture principale, notamment dans l’arrondissement de Bergerac, qui possède à lui seul la moitié des vignobles du département et dont les vins sont renommés.

«Comme on n’a pas réussi à créer des hybrides fournissant un vin absolument comparable comme qualité à celui des plants greffés, les hybrides sont considérés comme plants « non noble » dont l’Etat subventionne aussi l’arrachage. Leur présence dans un vignoble lui fait perdre le droit à l’appellation contrôlée.

Par contre, un grand nombre de petits exploitants s’en contentent et sont heureux de récolter un bon vin de consommation courante qui les soutient pendant les durs travaux. Ils croient, ou feignent de croire, à la vertu du « chabrol », mélange de vin et de bouillon dans l’assiette à soupe.»

Lieu-dit / Propriétaires Tonneaux de vin rouge

A Bardille (Sylvestre) 25

Au Pont (Jean Ventelou) 15

A Lescazes (Delmas) 15

Château de Pauillac (Teyssier) 12

Mas de Cause (Lavergne) 12

Turat (Mercadié) 10

Au Bourg (Ventelou Férréol) 8

Au Bourg (Seignabou) 8

Au Bourg (Mézergue) 5

Au Bourg (Raymond Fauchier) 5

Au Bourg (Ventelou) 5

A Bardille (Mabru) 8

Au Périer (Dufour) 8

Château Saint-Marin (Védrenne) 5

A Saint-Martin (Maury) 5

A Concazal (Vergnolle) 5

Production en tonneaux de vin rouge des principaux propriétaires de Daglan – à la fin du siècle dernier.

LA FLORE

Mme S. Sandeau (Professeur de Biologie)

La flore du Causse de Daglan est constituée de plantes à caractère thermophile (qui aiment la chaleur), calcicole (qui poussent sur le calcaire) et souvent xérophile (adaptées à la sécheresse).

Sur la commune de Daglan, en plus de la végétation habituelle des côteaux calcaires du Périgord, poussent des espèces méridionales et même méditerranéennes.

  • – Sédum
  • – Ophrys abeille
  • – Ophrys bécasse
  • – Chèvrefeuillle d’Eturie (méridionale)
  • – Neprun alaterne
  • – Potentille printanière
  • – Céphalenthène rouge
  • – Globulaire commune
  • – Aristoloche clématite
  • – Leuzée à cônes (méditerranéenne)
  • – Trèfle rouge
  • – Dompte-venin

LA TRUFFE

Extraits de Domme et pays dommois de Jean Maubourguet -Pierre Fanlac-1973 Périgueux.

Nous ignorons la valeur des truffes récoltées actuellement, chaque année, par l’ensemble des communes du Sarladais, mais nous savons qu’à la fin du second Empire, dans les bonnes années, la vente s’élevait, sur le seul marché de Sarlat, à plus d’un million de francs, soit à quelques dix millions de francs lourds de notre temps.

Pour la même somme, on aurait trente tonnes de truffes en 1973.

Les régions du causse voisines du département du Lot ont le privilège de compter au nombre des meilleures productrices de truffes. Bouzic en fournit « beaucoup », mais les caveurs, prudents, refusaient de mieux préciser lors de l’enquête de 1835.

Florimont en récoltait alors 200 kilos ; Campaganac les Quercy en donnait pas moins, bon an mal an, de « 15 à 25 hectolitres ». Contrairement à ce que croient la plupart des gens qui la mange, la truffe ne pousse pas toute seule. Abandonnée par les hommes, elle disparaît comme eux.

Au siècle dernier, Saint Cybranet était grand producteur de truffes (1200 kilos en 1835), mais les propriétaires des chênaies avaient renoncé à les chercher eux-mêmes, car les braconniers passaient toujours -déjà- les premiers. « Autrefois, dit un texte de ce temps, il n’y avait qu’un seul truffeur dans la commune ; aujourd’hui, il y en a cent au moins: ce genre d’industrie est très préjudiciable à certains propriétaires ».

Sur la commune de St Martial, comme à St Cybranet, la truffe est abondante, mais il est rare qu’elle fut un grand revenu pour les propriétaires des bois. C’est si vrai qu’au temps de Louis Philippe, aucun d’eux ne se donnait la peine de chercher ; on abandonnait ce soin à une « vingtaine de malheureux ». « Elle aime les bois de chênes, note l’enquête de 1835, mais elle est capricieuse: il suffit de porter du fumier ou de la cendre sur la truffière pour qu’elle émigre plus loin ou même disparaisse… »

Au temps de Napoléon III, la situation est tout autre. D’après l’enquête menée en 1866 par la Ministère de l’Agriculture, la truffe se trouve, de préférence, sous le chêne, le chêne vert, le genévrier.

L’ombre des arbres est nécessaire à la truffe ; si on les arrache, la truffe disparaît pour toujours; si on les émonde , elle entre en dissidence pour cinq ou six ans.

Par contre, on cite un propriétaire qui prit en partage de famille une friche estimée à 190 francs (neuf napoléons et demi); cette friche rapporte aujourd’hui (1866) après avoir été ensemencée en glands de chênes truffiers, 4000 francs par an, c’est-à-dire le prix de 222 hectolitres de blé.

Le même texte précise que la truffe du Périgord, exportée dans tous les pays du monde, se vendait plus cher en Périgord qu’à Paris parce que les marchands de la capitale la mélangeaient à des truffes d’une autre provenance selon la recette d’un cheval-une alouette.

La Dordogne ancien Périgord – Paul Grelière.

– La truffe, que produisent les chênes souffreteux des « causses », a une renommée mondiale. Elle se développe sur les racines superficielles des chênes-truffiers, dans les terres au sous-sol perméable, sèches, peu profondes et, en général, de peu de valeur pour les autres cultures.

Les frais de plantation et les soins culturaux étant très réduits, on peut s’étonner que cette culture soit en régression. C’est qu’on peut planter des chênes truffiers authentiques et dans des conditions favorables de sol et d’exposition … sans obtenir de truffes!

«Il y a, en effet, dans la culture de la truffe, une inconnue mystérieuse qui fait que le mycélium truffier apparaît ou n’apparaît pas. Tenter de faire de la trufficulture est un jeu: on perd ou on gagne. En Dordogne, on gagne plus souvent qu’on ne perd, et, comme l’enjeu en vaut la peine, nous disons aux agricultureurs : « Essayez ! »» . G. Vaudou (Culture de la Truffe).

Il y a trois régions principales de production dans le département :

Le Sarladais (cantons de Salignac, Terrasson, Carlux, Sarlat et Domme), 50% de la production totale.

La région Savignac-les-Eglises, Sorges.

Dans le Ribéracois, plusieurs communes des cantons de Verteillac et de Mareuil.

Une grande quantité de chênes truffiers furent plantés à la fin du XIXème siècle pour remplacer les vignes détruites par le phylloxéra.

RECOLTE – Sous les chênes truffiers, la « terre brûlée » s’étend en larges cercles, la présence de la truffe y produit de petites fissures révélatrices que le caveur ou « rabassier » marque avec un grain d’avoine qui germera et le guidera pour la récolte.

La truffe peut aussi être décelée par une petite mouche rougeâtre aux ailes gris bleu qui s’envole à l’approche du chercheur. Mais généralement, on la fait caver par une truie dressée à cette tâche.

Plantes liées à la truffe (Tuber Melanosporum) :

– L’épervière piloselle

– La Carline

– L’Héliamthème

– Le Sédum

– La Fétuque ovine

– Le Genèvrier

Elles n’influencent pas la poussée de la truffe mais peuvent révéler sa présence.

Géologie

GÉOLOGIE M. F. Poujardieu (Professeur de Biologie)

JURASSIQUE: Période du milieu de l’ère secondaire (moins 150 à moins 110 millions d’années)

CRÉTACÉ: Période de la fin du secondaire, (moins 110 à moins 70 millions d’années).

Le calcaire Turonien inférieur (Crétacé supérieur), et le calcaire Portlandien inférieur (Jurassique supérieur), donnent des plaques plus lenticuleuses, cassantes. C’est le cas des cabanes de Viragogne ou Galie, moins « solides ».

Le calcaire Kiméridgien (Jurassique supérieur) trop épais, très gélif est souvent impropre à l’édification d’une voûte à encorbellement.

Le calcaire Santonien (Crétace supérieur) se délite en plaques dont la rugosité assure une bonne assise aux constructions.

Sur le Causse de Daglan, les plus « belles cabanes » sont en calcaire Jurassique du Portlandien supérieur qui fournit:

-des moellons de pierres à trous ou « cargneules » pour les murs. C’est le cas des cabanes de la Bégonie, la Combe du Rat, du Mazut…

-des plaques bien plates et compactes, ornées de dendrites de bioxyde de manganèse.

L’Encorbellement.

L’encorbellement est un principe de construction qui permet de couvrir un espace sans l’aide d’une charpente. Chaque assise en pierre est posée en saillie de la précédente ; chaque pierre est un corbeau, l’ensemble s’appelle un encorbellement. Certaine constructions sont constituées de deux encorbellements qui ne se contre-butent pas au sommet ; la liaison est assurée par de grandes dalles (carène).

Pour une construction de plan circulaire, la voûte est édifiée en un seul encorbellement ; un relevé précis montre que la succession des assises est très souvent irrégulière.

Le principe de la construction à l’encorbellement permet de s’adapter à une grande diversité de formes et de plans.

Principes de Construction.

L’édification des constructions en pierres sèches nécessite l’application de principes dont le premier est l’appareil à joints croisés

Une assise est un rang de pierres juxtaposées et d’épaisseur semblable le joint entre deux pierres d’une même assise ne doit pas correspondre à un joint de l’assise inférieure.

Suivant la nature du matériau, ce principe est plus ou moins difficile à mettre en oeuvre.

Les sont des pierres utilisées brutes, non taillées ou légèrement dégrossies ; dans tous les cas, un calage de petites pierres est nécessaire afin d’éviter les effets de tassement.

Des plaquettes permettent un meilleur ajustage et offrent des parements plus réguliers; ces plaquettes retaillées sont utilisées de la même façon pour les couvertures en lauzes.

Extrait de : QUERCY RECHERCHE N°13 Année 1976 page 5

LA TRADITION DE LA PETITE ARCHITECTURE RUSTIQUE EN PIERRE SÈCHE DU LOT

ses dernières manifestations (1860 – 1975)

Christian LASSURE

« …..LES ENSEIGNEMENTS DE LA TRADITION ORALE

Les techniques de construction de la casèle

De nos entretiens tant avec des paysans qu’avec des maçons, il ressort qu’il existait un ensemble de procédés très simples permettant de bâtir une cabane à toiture conique qui soit une réussite sur le plan architectural.

Il convenait tout d’abord d’élever la base verticale de l’édifice, jusqu’à la hauteur de l’entrée, cela de l’intérieur d’un cercle figurant la future cellule et où un pivot en bois était fiché verticalement. Deux cordeaux formant gabarits, l’un pour la paroi intérieure, l’autre pour la paroi extérieure, venaient s’articuler autour du pivot, tournant et montant en même temps que s’élevait la paroi verticale. pour obtenir l’aplomb extérieur, un simple fil à plomb suffisait.

Au sommet du mur cylindrique on plaçait plusieurs poutres sur lesquelles étaient posées des planches, formant un échafaudage d’où édifier la couverture. Pour obtenir l’oblique ou la courbe intérieure, il suffisait de faire un nœud à une corde à chaque tour, voire deux nœuds sur la fin pour aller plus vite. Pour obtenir l’oblique extérieure, on se contentait d’un cordeau mobile relié au sommet du mât. Si le toit devait être particulièrement élevé, on faisait un second échafaudage un peu plus haut de manière à pouvoir achever la voûte. Une fois l’édifice terminé, les poutrelles, encastrées dans les parois, restaient en place.

La disposition des pierres de la couverture devait répondre à deux règles impératives, d’une part celle de l’imbrication horizontale, nécessaire pour limiter les infiltrations de l’eau de pluie, d’autre part celle de l’inclinaison vers l’extérieur pour empêcher l’eau de pénétrer à l’intérieur:ainsi donc en plaçant des plaquettes ou des dalles aussi grandes que possible à l’imitation des tuiles à crochets, on réduisait au maximum le nombre de « gouttières » et on dirigeait vers l’extérieur l’écoulement de l’eau…. »

DIVERSITÉ DES FORMES

Comme nous l’avons lors du recensement des cabanes de Daglan, les formes des constructions sont très variées.L’image de la cabane, grande et bien ronde, qui représente souvent ce genre de constructions tient plus de la carte postale que de la réalité.

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